Un podium à la place d'une civière

La relève est rare en course de motoneige.... (Spectre, Jessica Garneau)

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La relève est rare en course de motoneige. Du nombre, Steven Marquis fait écarquiller bien des yeux. Le vétéran Jacques Villeneuve a tenu à saluer le pilote de Cookshire-Eaton qui a terminé au premier rang lors de la finale Semi Pro Champ l'an dernier.

Spectre, Jessica Garneau

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(VALCOURT) Cette fois, Jacques Villeneuve aimerait troquer la civière pour le podium. Lors de ses deux dernières présences au Grand Prix de Valcourt, l'oncle Villeneuve s'est retrouvé à l'hôpital. Cette année, il souhaite gagner.

Après avoir subi plusieurs fractures en plus d'une perforation du poumon, sans parler de son cancer aux intestins, Jacques Villeneuve effectuera un retour sur les pistes de motoneige. La retraite attendra. Ce qui ne plaît pas du tout à sa conjointe Céline, encore une fois.

« Céline n'est pas trop d'accord, mais après tout, c'est moi qui décide de ce que je fais de ma peau. Et je ne dis pas ça en macho! Elle le sait que je suis de même. Je suis malade comme ça et elle comprend. Elle m'appuie. Je n'ai aucune idée du moment où j'arrêterai. Les blessures, ça passe. Les fractures, ce n'est pas grave! Ça se recolle. Puis mon cancer est plutôt tranquille depuis quelque temps. C'est dommage quand je me blesse parce que je dois mettre un terme à ma saison, mais cinq ou six mois plus tard je suis correct et prêt à reprendre la piste. »

Malgré ses 62 ans, le pilote de Saint-Cuthbert estime qu'il possède encore tous les outils pour gagner une course.

« Le corps suit, ce n'est pas un problème, admet-il. Physiquement, je suis loin d'être à cent pour cent, mais je vais devoir effectuer quelques essais avant le Grand Prix de Valcourt afin d'être prêt pour l'événement. Je vise toujours la victoire. Personne ne se présente aux courses en espérant finir sixième ou septième. Nous voulons tous gagner. Je ne veux pas nécessairement pousser ma machine au maximum. Par contre, je dois faire les ajustements pour qu'elle soit prête à donner toute la puissance nécessaire. Tout se passe sur le moment. On ne sait jamais comment ça finira! »

C'est justement un problème de puissance qui l'aura mené en 2013 vers un transport en hélicoptère.

« J'avais un engin qui n'offrait pas la performance espérée. Je ne sais pas pourquoi j'étais dans la boucane comme ça. Je voyais selon les indications du moteur que quelque chose fonctionnait mal. Je roulais moins vite et juste avant d'arriver dans la courbe, le moteur s'est réveillé et j'ai abordé la courbe deux pieds trop tard. Est-ce que je rendrai la course encore plus spectaculaire cette année? Je ne le sais pas, on verra ce qui se passera! »

Des nouveautés

L'événement présenté du 12 au 14 février réserve quelques nouveautés dans le cadre de sa 34e édition. D'abord, la nouvelle collaboration avec Leucan. Tous les pourboires et les revenus de certaines activités seront remis à cette fondation.

En ce qui concerne la programmation, les courses seront prolongées jusqu'en soirée. C'est donc dire que les athlètes auront droit à une piste éclairée dès la tombée du jour, et ce, jusqu'à 19 h.

Des courses d'accélération de motoneige se dérouleront aussi le samedi.

« Nous sommes à l'écoute de nos spectateurs et de nos athlètes. Nous avons donc décidé de prolonger les épreuves jusqu'en soirée, ce qui n'a pas été fait depuis 25 ans je crois », avance la directrice Marie-Pier Lemay.

« On vous promet de belles courses ainsi que beaucoup de plaisir et de sensations fortes! » assure de son côté Donald Lemay, président du Grand Prix.

Pour plus de détails concernant la programmation sur le site www.grandprixvalcourt.com/.

Peu de relève

Pendant que Jacques Villeneuve célèbre sa 46e année de compétition, la relève se fait plutôt rare dans le monde de la course en motoneige. Peu à peu, les plus jeunes tentent de faire leur place dans le circuit. C'est le cas de Jordan Lebel, Sabrina Blanchet et Steven Marquis.

« Il n'y a pas tellement de relève, fait remarquer Jacques Villeneuve. Le problème est toujours le même. Ça prend de l'argent. Ça ne coûte pas 5000 $ comme dans le passé. Maintenant, ça me prend 65 000 $ pour passer l'hiver en motoneige et en plus, je fais moins de courses. Les essais sont très coûteux, les événements aussi. »

L'an dernier, Steven Marquis a fait écarquiller bien des yeux en terminant au premier rang lors de la finale Semi Pro Champ.

Le jeune pilote de 18 ans de Cookshire-Eaton tentera d'en faire autant, mais cette fois sur la piste ovale dans la série Pro Champ 440.

« Je peux faire encore mieux que l'an dernier, affirme-t-il. Ça demande beaucoup plus de temps de préparation dans cette catégorie. J'ai bien commencé la saison heureusement. Le week-end dernier, j'ai remporté le championnat du monde sur le circuit Semi Pro Champ et j'ai atteint le top 10 en Pro Champ. C'était d'ailleurs une première à Eagle River : voir un jeune de 18 ans qui fait la finale Pro et qui gagne le Semi Pro Champ. »

Pour sa part, Sabrina Blanchet de Québec vise également les grands honneurs :

« Mais ça ira comme ça ira. Je ne sens pas de pression supplémentaire parce que la course est au Québec même si les amis et la famille viennent me voir. Cela m'amène plutôt une motivation supplémentaire. »

Finalement, Jordan Lebel a seulement dix ans et doit déjà faire quelques sacrifices pour pratiquer son sport.

« Avec le programme sport-études, je vais à l'école le matin et je m'entraîne l'après-midi. Pour être franc, c'est plus difficile faire de la course en motoneige que d'étudier! » dit-il en souriant.

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