Rendre la débilité indélébile

Alors que le numéro de série du fabricant... (Spectre Média, René Marquis)

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Alors que le numéro de série du fabricant d'une automobile sert de référence pour l'immatriculation d'un véhicule, celui qui est propre à chaque arme à feu ne conviendrait pour le registre provincial que veut créer le gouvernement Couillard.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Philippe Couillard annoncera aujourd'hui la composition de son conseil des ministres remanié. On raconte que Lise Thériault sera de retour, mais probablement pas à la Sécurité publique.

Peu importe le ministre qu'il désignera pour piloter l'étude du projet de loi sur l'immatriculation des armes à feu à l'Assemblée nationale, puisqu'il s'y connaît en la matière, c'est avec le premier ministre Couillard que j'aimerais argumenter sur la question.

« J'ai deux armes de chasse chez moi, je n'ai pas été traumatisé par le fait d'avoir à les enregistrer. Je ne vois pas l'oppression d'avoir à remplir une formule en ligne, je ne vois pas en quoi ça brime qui que ce soit », a commenté la semaine dernière le premier ministre québécois.

Même si je doute encore de l'utilité d'un registre provincial, je suis prêt à faire un bout de chemin avec vous, M. Couillard. Tout comme vous, j'ai deux armes et je n'ai pas été ulcéré non plus d'avoir à les inscrire au défunt registre fédéral.

Je suis d'autre part certain que vous auriez une bonne partie des 5,4 millions de propriétaires de véhicules de promenade du Québec sur le dos si votre gouvernement décidait du jour au lendemain de leur imposer les règles édictées dans le projet de loi 64.

Qu'on achète ou qu'on vende une voiture, qu'elle soit neuve ou d'occasion, on s'échange lors de la prise de possession le numéro de série du fabricant qui devient le lien unissant un véhicule à son propriétaire dans les fichiers informatisés de la Société de l'assurance automobile du Québec. Et hop, le tour est joué!

C'était également le mode de fonctionnement du registre des armes d'épaule aboli par Ottawa. Un certificat d'enregistrement était délivré pour chaque arme, avec un descriptif de ses caractéristiques et en se référant au numéro de série du fabricant, inaltérable et facile à retracer puisque gravé dans l'acier. À partir de ce numéro de série, les policiers de tout le pays pouvaient retracer instantanément le propriétaire d'un fusil ou d'une carabine de chasse, ce qui est l'objectif d'un registre centralisé.

À mes yeux, M. Couillard, l'irritant majeur n'est pas le registre en lui-même comme l'obligation que votre gouvernement veut imposer aux chasseurs d'apposer une estampe administrative en burinant VOTRE numéro de dossier sur chaque arme de manière à ce qu'il soit « lisible et indélébile », selon les spécifications de votre projet de loi.

On entend rouspéter les collectionneurs, qui en altérant ainsi l'authenticité d'une arme en feraient chuter le prix. Convenez toutefois que l'obligation de buriner des véhicules irriterait autant le propriétaire d'une voiture de bas ou de moyenne gamme que celui d'une Ferrari parce que la complication serait la même pour tous. Et sachant que l'actuel système d'immatriculation est efficace, vos exigences pointilleuses seraient aussi jugées superflues par la quasi-totalité des automobilistes.

Je comprends et j'accepte qu'une majorité de Québécois soit favorable à l'enregistrement obligatoire des armes de chasse. En même temps, je compte sur le discernement de la masse pour reconnaître que l'actuel projet de loi comporte certaines aberrations. D'évidentes exagérations.

L'heure étant au compromis, en dépit de mes réticences, je me rallierai à la création du registre provincial si votre gouvernement, Monsieur le premier ministre, retrouve le chemin du bon sens. Si le chasseur que vous êtes nous évite de rendre la débilité indélébile.

Autrement, la confrérie retiendra de vous que vous êtes un mauvais tireur ayant gauchement raté la cible.

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