L'immatriculation de nos armes

J'ai inscrit ma dissidence pour la forme, sachant... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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J'ai inscrit ma dissidence pour la forme, sachant très bien que le gouvernement Couillard ira de toute façon de l'avant avec le registre québécois sur l'immatriculation des armes à feu. J'ose croire par contre que les autorités provinciales ne seront pas assez bêtes pour se tirer dans le pied.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / J'ai commencé l'année en me rendant sur le site de l'Assemblée nationale pour signer la pétition contre le projet de loi 64, qui énonce les paramètres légaux du futur registre sur l'immatriculation des armes à feu au Québec.

J'ai inscrit ma dissidence pour la forme, même en face de l'évidence que le gouvernement Couillard ne reculera pas. Fondée ou pas, la pression sociale pour rendre l'enregistrement des armes d'épaule à nouveau obligatoire est plus forte au Québec qu'ailleurs au pays. Contrairement à ce qui s'est produit dans les provinces de l'ouest, aucun parlementaire québécois risque de perdre son siège en y souscrivant.

La députée indépendante d'Arthabaska, Sylvie Roy, est bien valeureuse de prendre la défense des chasseurs. Ses convictions auraient cependant paru moins opportunistes et auraient été bien plus dérangeantes si elle était sortie du rang du temps qu'elle siégeait avec la CAQ et qu'elle avait osé contredire publiquement son ancien chef, François Legault, qui a toujours été d'accord à ce que le Québec crée son propre registre. Seule, Mme Roy va tirer des balles blanches.

Selon le décompte journalier affiché sur le site de l'Assemblée nationale, un peu plus de 15 000 citoyens ont jusqu'à maintenant signé la pétition en ligne. J'ai surveillé, la liste s'allonge de quelques centaines de noms chaque jour. À ce rythme, les pétitionnaires seront au nombre de 28 000 à 30 000 à l'échéance de la période de signature, le 11 mars.

C'est pas mal de monde, sauf que les représentants politiques auront tôt fait de soupeser que cela ne représente qu'une fraction des 495 000 Québécois qui sont détenteurs d'un permis fédéral les autorisant à posséder une arme à feu.

Bien qu'appréciable, cette mobilisation a l'envergure de la cabale menée par les 22 264 Québécois qui ont signé l'an dernier une pétition réclamant du gouvernement québécois « de rendre nulle et sans effet toute clause de bail résidentiel interdisant la possession d'un animal de compagnie ».

C'est dire que les règles restreignant la vie à logement avec Minou ou Pitou ont rendu autant de Québécois mécontents que la contrainte que le gouvernement provincial veut imposer aux chasseurs. Malgré la grogne à propos des animaux de compagnie, le législateur n'a pas bougé.

Nos gouvernants proposent un registre auquel l'inscription sera gratuite pour les propriétaires d'armes de chasse. Je ne fonde pas de grands espoirs sur la durée de cette gratuité. En supposant qu'on nous refile un jour les coûts d'exploitation du registre - que Québec estime à 5 M$ par année - cela représenterait autour de 10 $ pour chaque détenteur de permis. Rien pour déchirer notre chemise, c'est le prix de trois poches de pommes ou de carottes!

Par contre, si les autorités provinciales s'égarent dans les dédales administratifs comme ce fut le cas lors de la création du registre fédéral, là, c'est vrai qu'elles risquent de se tirer dans le pied et de tuer la chasse. Ottawa n'en avait que faire de cette considération, mais la gestion faunique relève des provinces.

Ce sont elles qui vendent les permis, qui utilisent la chasse comme outil de gestion afin de contrôler la croissance des différentes espèces. Si le gouvernement du Québec vient à prendre des décisions irréfléchies qui devaient provoquer un jour une réduction de 10 ou 25 pour cent du « troupeau de chasseurs », ce sont ses ministères qui auront alors à gérer l'explosion du cheptel de chevreuils ou d'orignaux. Les répercussions sur l'agriculture, la forêt ou la sécurité routière.

J'ose croire que nos dirigeants ne sont pas bêtes à ce point-là...

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