Boisvert-Lacroix sur un nuage

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Le patineur sherbrookois Alex Boisvert-Lacroix a connu un début de saison du tonnerre lors des quatre premières étapes de Coupe du monde en longue piste, récoltant quatre médailles et s'installant du même coup au deuxième échelon mondial de la discipline.

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(SHERBROOKE) Au moment où on s'apprête à passer en revue les moments forts de son année, Alex Boisvert-Lacroix doit se pincer pour s'assurer de ne pas les avoir rêvés.

Classé deuxième au monde en patinage longue piste après avoir notamment remporté quatre médailles - une d'argent et trois de bronze - lors des quatre premières étapes du circuit de la Coupe du monde, inscrivant au passage le meilleur temps québécois en parcourant les 500 m en 34,30 secondes en novembre, l'athlète sherbrookois a parfois l'impression d'être sur des nuages lorsqu'il chausse ses patins et s'élance sur la surface opalescente.

« Je suis au sommet de ma forme et presque au sommet mondial. C'est un automne de rêve et une saison de rêve, a-t-il déclaré d'emblée à La Tribune. J'ai un gros sourire sur les lèvres chaque jour quand je me lève. Je suis heureux et la vie est belle. »

De son propre aveu, après avoir passé huit ans sans parvenir à monter sur la marche d'un podium, le patineur se serait contenté de bien moins pour être heureux en 2015.

« Je n'ai jamais osé m'imaginer à cette position-là. C'est une succession de surprises. Quand j'ai commencé la saison, je me sentais en super forme, mais je m'étais simplement fixé comme objectif de faire des top-10 en Coupe du monde. Non seulement c'est réussi, mais je suis deuxième au monde. C'est un peu irréel », confie Boisvert-Lacroix, qui profitera de la pause du temps des Fêtes pour terminer sa session en éducation physique à l'UQAM, passer du temps avec sa copine et refaire le plein d'énergie.

« Plus fort que jamais »

S'il se dit surpris de connaître autant de succès, personne ne pourra insinuer qu'il n'y a pas mis les efforts. Lorsqu'on lui demande d'expliquer sa résurrection sur la piste, Boisvert-Lacroix se montre tout aussi passionné par le gymnase que par les arénas. Au cours de la dernière année, il a adhéré à l'entraînement polarisé, une méthode qui consiste à s'entraîner à très faible intensité ou à intensité maximum, mais jamais entre les deux. En parallèle aux 2000 km de vélo qu'il a parcourus tranquillement sur l'île de Montréal cet été, Boisvert-Lacroix a donc soulevé des charges qu'il n'avait jamais envisagées auparavant.

« Laurent Dubreuil s'entraînait de cette façon et il a connu beaucoup de succès l'an dernier. J'ai décidé d'essayer et ça a changé ma carrière. L'idée, c'est de ne pas dépenser d'énergie et de ne pas se fatiguer pour rien, et je suis plus puissant et plus fort que jamais. J'ai repoussé mes limites, je me suis entraîné intelligemment et ça a fait la grosse différence. Des fois, c'est plate, mais c'est payant », éclate de rire Boisvert-Lacroix.

Sans rien tenir pour acquis, c'est donc avec une confiance sans précédent qu'il anticipe la prochaine étape de la Coupe du monde à la fin janvier, en Norvège.

« La confiance s'est installée à travers les courses, mais c'est tellement serré qu'il n'y a rien d'acquis. Sur les huit podiums cette saison, il y a eu au moins une nouvelle personne sur chaque podium, des fois même deux. Ça montre à quel point c'est intense. Une fois, j'ai fini 10e et avec deux centièmes de moins j'aurais pris trois ou quatre rangs. Tu ne peux pas t'asseoir sur tes lauriers. »

En raison de son positionnement sur l'échiquier mondial, Alex Boisvert-Lacroix sera opposé au « phénomène » russe Pavel Kulizhnikov, qui domine largement ses adversaires, « lorsqu'il ne chute pas ». Un rôle qui ne vient pas sans pression.

« Comme il est premier et moi deuxième, on sera les derniers à courser. On est supposés êtres les plus rapides et ceux qui donneront le meilleur spectacle, mais il est incroyablement fort. D'habitude, quand il course, c'est considéré à l'avance qu'il va gagner. Il n'a jamais perdu une seule course à part quand il chute. C'est vraiment un phénomène. C'est le premier à avoir patiné dans les 33 sec sur le 500 m. Je ne sais pas si je vais être capable de le battre un jour, mais on travaille là-dessus. Ce qui est sûr, c'est que tu veux toujours savoir où tu te situes par rapport à lui. »

Et de plus en plus voudront certainement savoir où ils se situent par rapport à Alex Boisvert-Lacroix.

Profiter du moment présent

Même s'il arbore la meilleure forme de sa carrière à près de 30 ans, Alex Boisvert-Lacroix n'est pas dupe au point de songer qu'il a encore une dizaine d'années devant lui sur les ovales glacés. Animé toutefois d'une sérénité qui ferait rougir un moine tibétain, le Sherbrookois aspire toujours à participer aux prochains Jeux olympiques, qui se dérouleront à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018.

« C'est l'objectif ultime, même si je ne me lève pas chaque jour en pensant à ça », nuance le patineur de longue piste.

« En ce moment, c'est super motivant de voir que je peux compétitionner de cette façon au niveau international. J'essaye cependant de ne pas penser à ce moment-là et profiter du moment présent. On est cinq patineurs canadiens dans le top-10 mondial; la compétition est très relevée au pays au 500 mètres. À 28 ans, tu sais qu'il en reste de moins en moins devant toi et tu profites de tes bons moments. »

Plusieurs précédents lui laissent croire que tous les espoirs sont permis dans son cas, s'il peut éviter les blessures et conserver son élan.

« Aux derniers Jeux, un homme de 32 ans est monté sur le podium au 1000 m; c'est à peu près l'âge que je vais avoir lors des Jeux en Corée. On peut aussi penser à Charles Hamelin, qui était incroyable à 24 ans et qui l'est toujours autant à 31 ans. C'est encore lui le leader de l'équipe canadienne. C'est certain que quand tu vois ça et que tu te poses des questions à savoir si tu continues, ce sont des éléments qui sont très encourageants. Tu te dis : '' si d'autres le font, pourquoi pas moi?'' »

Boisvert-Lacroix jure néanmoins qu'il n'entretiendra aucune amertume si ce n'est pas le cas.

« Dans deux ans je vais entrer sur le marché du travail et je vais être enseignant, explique celui qui étudie présentement en éducation physique à l'UQAM. En tant qu'athlète amateur on est loin de la réalité des joueurs de hockey de la LNH et on a toujours besoin de commanditaires, mais en ce moment, mon travail, c'est de m'entraîner et de voyager autour du monde. Je l'apprécie d'autant plus aujourd'hui que je l'appréciais à 20 ans. »

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