Le grand pari

L'émotion, le désir à tout prix de se... (Archives La Tribune)

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L'émotion, le désir à tout prix de se sacrifier pour l'équipe, de se lancer sur la glace pour bloquer un tir, d'absorber une mise en échec afin d'aller chercher le disque dans le coin de la patinoire, cette intensité caractéristique des équipes gagnantes n'était plus présente.Et ça, les amateurs le ressentaient profondément. L'ambiance est différente, au Palais.

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Commentaire / La direction du Phoenix a fait le grand ménage jeudi. Un ménage sans équivoque, ou presque, alors que l'entraîneur-chef Judes Vallée et le directeur général Patrick Charbonneau, des artisans de la première heure de la renaissance du Phoenix, ont été congédiés.

Un geste fort de la direction qui, visiblement, n'était pas du tout satisfaite du rendement de l'équipe. Une décision mûrie qui n'a pas été prise sur un coup de tête.

Mais une décision qui survient à peine 10 jours avant l'ouverture de la période de transactions dans la LHJMQ; certes, tout le travail de fond se fait avant le 19 décembre.

C'est donc dire que Charbonneau avait déjà très certainement quelques plans sur sa table à dessin. Ce sera maintenant au tour de Jocelyn Thibault, nouveau directeur général, à mettre les pièces en place.

Et là, le pari s'annonce risqué.

S'il a connu une carrière florissante dans la LNH comme gardien de but, et qu'il est impliqué au hockey mineur comme entraîneur depuis plusieurs années, Jocelyn Thibault est plutôt vert à titre de directeur général. C'est le moins que l'on puisse dire.

Et la tâche immédiate, sous son nez, est colossale. Si le Phoenix a de bons éléments dans sa formation, sur papier, il y a clairement un manque de profondeur. Et la cohésion est à refaire.

Là-dessus, Thibault comptera beaucoup sur le travail de son ami Stéphane Julien pour redresser la barre. Encore là, s'il a été assistant avec le Phoenix, Julien n'a qu'une expérience limitée derrière le banc d'une équipe. Et son rôle d'intérimaire ne lui laisse qu'une marge de manoeuvre limitée.

Vous imaginez? Tout l'hiver, on va supputer sur l'identité du futur entraîneur-chef du Phoenix, celui qui succédera à Julien; voilà une distraction dont l'équipe se serait bien passée.

En ce sens, le Phoenix risque gros avec la décision qu'il a prise hier; s'il avait clairement identifié qu'un coup de barre solide était nécessaire pour que le Phoenix retombe sur ses patins, les prochaines semaines nous diront s'il a pris les bons moyens pour arriver à ses fins.

Installé au 13e rang du classement cumulatif de la LHJMQ, le Phoenix connaît jusqu'ici une saison en dents de scie; s'il a connu de bons moments avec une séquence d'une dizaine de rencontres en amassant au moins un point, il y a environ un mois, il s'est profondément endormi par la suite.

Et une fiche de 12-15-5, bonne pour 29 points en 31 matchs, pour une équipe qui en est à la quatrième année de son cycle, c'est nettement insuffisant.

Sherbrooke n'a remporté qu'un seul de ses sept derniers matchs, et il a subi trois revers en trois matchs lors du dernier week-end.

Ce furent probablement ces trois défaites qui ont fait déborder le vase.

Oui, le Phoenix n'a pas été épargné par les blessures. Oui, le Phoenix a cruellement manqué ses meilleurs éléments, en début de saison, alors que les Audette, Roy, Pelletier et Neill étaient toujours en camp dans leur équipe de la LNH.

Mais c'est une réalité qui frappe toutes les équipes de la LHJMQ.

L'émotion, le désir à tout prix de se sacrifier pour l'équipe, de se lancer sur la glace pour bloquer un tir, d'absorber une mise en échec afin d'aller chercher le disque dans le coin de la patinoire, cette intensité caractéristique des équipes gagnantes n'était plus présente.

Et ça, les amateurs le ressentaient profondément. L'ambiance est différente, au Palais.

Si, sur la glace, on ne sentait plus cette passion; au deuxième étage, on s'impatientait.

Car le département marketing, en début d'année, a lancé le slogan « Ensemble pour le conquête », confirmant ainsi les prétentions de l'équipe à flirter avec le sommet du classement LHJMQ. Avec raison.

Ce slogan ne faisait pas tout à fait l'affaire du département hockey. Déjà, on voyait des dissensions, des divergences d'opinions.

Au deuxième étage, donc, on tapait un peu du pied. La défaite au premier tour éliminatoire du printemps dernier contre les Islanders de Charlottetown a fait mal. Si le Phoenix avait pu forcer la tenue d'un septième match, qui aurait été disputé à Sherbrooke, il aurait non seulement généré des revenus supplémentaires, mais il aurait disputé une ronde de plus. À partir de là, tout devient possible.

Ce ne fut pas le cas.

Judes Vallée et Patrick Charbonneau ont obtenu des prolongations de contrat de deux ans, l'an dernier. Jocelyn Thibault a précisé à l'époque que les deux hommes avaient fait le boulot dans les temps plus difficiles des premières années de la renaissance, qu'ils se méritaient le droit de travailler avec une équipe de premier plan.

Les résultats ne sont jamais venus.

Est-ce que le Phoenix peut survivre à la tempête?

Est-ce que Jocelyn Thibault pourra trouver les solutions pour bonifier son alignement, y ajouter de la profondeur et un peu plus de hargne, d'ici début janvier, malgré son expérience limitée?

Est-ce que Stéphane Julien pourra remettre les joueurs du Phoenix dans le droit chemin, malgré son expérience limitée?

Voilà beaucoup plus de questions que l'on pouvait s'en poser, il n'y a pas 48 heures...

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