Le rêve américain de Josée Bélanger

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Josée Bélanger et Sylvie Béliveau étaient parmi les 45 femmes d'influences honorées dimanche à l'occasion du 45e anniversaire de Soccer Estrie.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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Alexandre Faille
La Tribune

(Sherbrooke) En 2015, Josée Bélanger a brisé plusieurs des barrières qui l'empêchaient de progresser. En 2016, elle compte bien en récolter les dividendes.

Josée Bélanger était dimanche l'une des 45 femmes d'influences honorées à l'occasion du 45e anniversaire de Soccer Estrie. La veille, la Coaticookoise recevait le titre de joueuse professionnelle de l'année au Gala de la Mi-Temps de la Fédération de soccer du Québec. Une pluie d'honneurs qui rappelle à l'attaquante à quel point 2015 a été pour elle une année exceptionnelle sur le plan sportif.

« Ce fut l'année des premières », indique-t-elle, tout sourire. On pourrait aussi parler de l'année des occasions saisies.

Ses brillantes performances lors de sa première Coupe du monde féminine FIFA en juin lui ont ouvert la porte, deux mois plus tard, à son premier contrat professionnel avec le FC Rosengård en Suède. Voilà maintenant que 2016 pourrait s'amorcer avec un nouveau contrat en poche, cette fois en NWSL (National Women Soccer League), la ligue professionnelle américaine.

« Je suis en négociations, mais je ne peux pas en dire plus, a révélé l'attaquante. Je me souviens, à 18 ans, mon père m'a demandé ce que je voulais faire dans la vie. Je lui ai répondu que je voulais être une joueuse de soccer professionnelle. À 29 ans, c'est maintenant que je le réalise. »

Le style de jeu préconisé en Amérique du Nord pourrait aussi permettre à Bélanger de développer son jeu de transition, ce qu'elle n'a pas eu l'occasion de travailler en Europe où les stratégies sont surtout axées sur la possession du ballon.

« La ligue américaine préconise les qualités physiques des joueuses et le jeu de transition y est crucial. C'est la même chose en compétitions internationales, pour avoir du succès, ça prend des transitions rapides et il faut exceller à un contre un. »

Rio en tête

On le sent bien, toutes les actions entreprises par Josée Bélanger depuis la fin de la dernière coupe du monde ont en commun le même objectif : Rio 2016.

« Je regarde vers les États-Unis pour poursuivre ma préparation en vue de Rio. Avec l'année olympique, je devrai être en Amérique du Nord régulièrement pour m'entraîner avec la sélection nationale et c'est pour cette raison que je ne pouvais retourner en Suède », explique-t-elle.

Ces trois mois à évoluer aux côtés de joueuses de partout dans le monde avec le FC Rosengård, dont l'étoile brésilienne Martha, auront néanmoins permis à Bélanger de non seulement élever le niveau de son jeu, mais de gagner en confiance.

« Quand tu connais du succès à un niveau international, c'est certain que ça te permet de croire encore plus en tes moyens, indique l'attaquante. Ce que j'ai acquis en côtoyant toutes ces joueuses de grand calibre, ça me servira pour assumer un plus grand leadership avec l'équipe canadienne. »

L'année olympique s'amorce rapidement pour Bélanger et la sélection canadienne qui disputeront en janvier un tournoi au Brésil afin de se familiariser avec le pays hôte des prochains Jeux. Viendra ensuite l'étape cruciale des qualifications olympiques qui se dérouleront au Texas à compter du 11 février. Seulement deux pays de la CONCACAF se rendront à Rio à l'issue de cette phase décisive. Le Canada, 11e au monde, devra notamment lutter avec les championnes du monde en titre, les Américaines.

« Il manque un maillon » au soccer féminin

Même si la Coupe du monde féminine de la FIFA a connu un franc succès au Canada en 2015 et que l'équipe nationale connaît d'excellentes performances sur la scène internationale depuis quelques années, beaucoup de travail reste à accomplir au pays.

Depuis la disparition de la ligue semi-professionnelle au Québec, plus aucune structure ne permet aux joueuses d'obtenir un tremplin vers les sélections nationales et les ligues professionnelles, déplore Josée Bélanger.

« On dépend des autres pays pour développer nos joueuses parce qu'on n'a aucune structure au Canada après l'âge de 16 ans », souligne-t-elle.

Le problème est aussi observé par l'ancienne joueuse et entraîneuse Sylvie Béliveau, qui fait aujourd'hui partie des hautes instances du soccer au Canada et dans le monde. Selon elle, le vaste territoire du pays rend difficile la création d'une ligue pancanadienne en raison des coûts de déplacement, mais des pistes de solutions sont envisageables.

« Ce qui serait possible, ce serait d'avoir une équipe professionnelle qui serait associée au circuit américain, un peu comme en MLS (Major League Soccer) avec l'Impact », note celle-ci. Ce jour est toutefois encore bien loin et pour l'instant, les joueuses canadiennes sont forcées de se démarquer ailleurs que sur leur propre pelouse.

« En Coupe du monde, nos stades étaient remplis, mais dans un championnat régulier, il faut vraiment que la culture soit établie. Créer cette habitude chez les gens de venir voir du soccer féminin, dans le contexte économique actuel, c'est un enjeu, concède-t-elle. Quand j'observe la situation avec du recul, je me pose la question à savoir qui viendrait voir les matchs et surtout, quelle serait la façon de rentabiliser un sport autrement que par le spectateur? »

Des réflexions auxquelles les réponses n'ont malheureusement toujours pas été annexées.

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