Protection des jeunes mâles : pas avant 2017

La présente saison n'est pas la dernière avant... (La Tribune, Luc Larochelle)

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La présente saison n'est pas la dernière avant que la récolte soit limitée aux seuls mâles matures sur une bonne partie du territoire estrien. Ce nouveau mode de gestion, qui sera mis à l'essai dans les zones 6 nord et 6 sud, ne sera introduit que dans deux ans.

La Tribune, Luc Larochelle

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Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / J'ai croisé cette semaine un chasseur fier de me montrer son « 4 pointes ». Autant il était heureux, autant il semblait préoccupé par les changements réglementaires qui pointent à l'horizon.

« Était-ce mon dernier du genre, est-ce à partir de l'an prochain que nos choix deviendront plus limités », m'a-t-il demandé.

Non.

La règle en vigueur depuis 1974 au Québec et qui autorise l'abattage d'un mâle portant des bois d'une longueur minimale 7cm prévaudra encore la saison prochaine. La protection des jeunes mâles ne commencera qu'à compter de l'automne 2017.

Rappelons que deux zones de l'Estrie, 6 nord et 6 sud, ont été choisies pour le projet expérimental de restrictions sur la taille légale des bois (RTLB), qui limitera la récolte aux mâles comptant au moins trois pointes d'un côté, et ce peu importe l'arme utilisée. Ces deux zones forment un bloc de la frontière au sud de Coaticook jusqu'à Drummondville, incluant les secteurs de Sherbrooke, Windsor, Richmond et Valcourt.

« Les expériences que nous menons au ministère ne couvrent habituellement que le volet biologique. Celle-là sera à répercussions multiples. Nous devons élaborer un protocole de recherche tenant également compte des volets sociaux et économiques », explique le biologiste François Lebel, coordonnateur provincial de la gestion du cerf de Virginie au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

Évolution du cheptel

Sans pouvoir garantir que ce sera fait, M. Lebel affirme qu'il serait logique de procéder à des inventaires dans ces deux zones avant ainsi qu'après la période expérimentale. Outre ces recensements hivernaux réalisés par voie aérienne, la récolte de chasse, les accidents routiers et la rigueur des hivers serviront d'indicateurs pour suivre l'évolution du cheptel.

La réceptivité des chasseurs a déjà été mesurée. Les deux tiers des répondants à un sondage commandé par Québec s'étaient dit d'accord à ce que l'expérience soit tentée. Cette consultation remonte cependant à 2009.

« Nous réaliserons d'autres sondages pendant et après le projet, justement pour vérifier si la perception des chasseurs va changer en cours de route », indique M. Lebel.

Selon les chiffres dont dispose le ministère, 16 000 détenteurs de permis de chasse au chevreuil fréquentent les zones 6 nord et 6 sud. Québec veut veiller à ce que l'intérêt pour la chasse ne diminue pas.

Cela n'est pas impossible puisque la récolte de mâles est actuellement constituée à près de 70 pour cent de juvéniles (1 an et demi). La protection de ce segment aura donc nécessairement des répercussions sur le taux de succès des chasseurs. Une baisse de 30 pour cent de la récolte de mâles a été observée durant les premières années là où de semblables restrictions ont été instaurées.

« Le prélèvement de jeunes mâles ne tombera pas à zéro puisque le nombre de pointes n'est pas nécessairement un bon indicateur de l'âge. Certains individus portent des panaches de six pointes dès le deuxième automne », précise toutefois le biologiste.

Ce n'est pas la première fois qu'on en parle et pas la dernière non plus, car un important changement de culture se prépare et les Estriens seront parmi les premiers à le vivre.

« Notre volonté est de mettre les chasseurs dans le coup pour bien leur expliquer le concept que nous voulons tester et les raisons pour lesquelles nous pensons que cette approche peut marquer une évolution de notre mode de gestion », assure François Lebel.

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