Ceci n'est pas une autopsie

Pendant que les spectateurs sherbrookois se montrent impatients,... (Imacom, Maxime Picard)

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Pendant que les spectateurs sherbrookois se montrent impatients, l'entraîneur Judes Vallée tente de ranimer le Phoenix, qui semble se trouver sur le respirateur artificiel.

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Billet / « Mais qu'est-ce qui se passe avec le Phoenix? »

Depuis plus d'un mois, voilà la question que j'entends le plus souvent. Tout juste devant la traditionnelle « Comment ça va?».

Pour une équipe qui vise les grands honneurs, on peut dire que le Phoenix déçoit. Maintenant rendue à maturité après trois ans de grande construction, l'équipe sherbrookoise a connu tout un mauvais départ. Sa fiche de 4-9-1-1 parle d'elle-même.

Les fans du Phoenix se montrent déjà impatients. Et avec raison. Après avoir fait preuve de tolérance, ils sont en droit de s'attendre à mieux. Surtout avec les promesses faites par l'organisation.

Un problème collectif

Si tout le monde ose y aller de sa propre théorie, je vous dirais que les insuccès des Oiseaux reposent sur plusieurs raisons.

Non, ce n'est pas uniquement la faute de l'entraîneur Judes Vallée, qui selon la direction n'est pas près de lever les feutres. Ni celle du jeune gardien Evan Fitzpatrick. Ni des recrues, qui tardent à éclore. Ni des vétérans, qui en arrachent en défensive. Mais à qui la faute alors?

Si je refuse de montrer du doigt un seul et unique individu, c'est parce que le Phoenix est aux prises avec un problème collectif. C'est ce qui est d'ailleurs le plus inquiétant.

À l'âge de 17 ans, est-ce que le gardien Evan Fitzpatrick se montre à la hauteur? Le portier numéro 1 du Phoenix affiche l'un des dossiers les moins reluisants de tout le circuit en ce début de saison. Chez les gardiens étant utilisés sur une base régulière, il se trouve à l'avant-dernier rang au chapitre de la moyenne de buts accordés (4,24) et au bas du classement en ce qui a trait au taux d'efficacité (.877).

Par contre, Fitzpatrick trône au sommet de la liste des gardiens ayant reçu le plus de tirs depuis le début de la saison (399) avec Julio Billia (401) des Saguenéens de Chicoutimi. Ça, c'est un énorme problème.

35 tirs par match

Pourquoi maintenant le Phoenix accorde-t-il en moyenne 35 tirs par match, dont plusieurs occasions dangereuses de marquer? Est-ce le système qui fait défaut ou assiste-t-on simplement à un manque d'engagement des joueurs?

L'effort a souvent été une excuse soulevée par le club. Après seulement quatre victoires en 15 parties, il est assez évident que les Sherbrookois ne peuvent pas seulement se fier à leur talent. Et Dieu sait qu'il y en a du talent au pied carré dans ce vestiaire.

Pendant que la troupe de Judes Vallée devait se passer de cinq de ses meilleurs éléments en début de saison à cause des camps professionnels, l'entraîneur espérait simplement que le retour des Daniel Audette, Alexis Vanier, Jérémy Roy, Julien Pelletier et Carl Neill puisse remettre le train sur ses rails. Ce ne fut pas le cas.

Même si Roy possède déjà 15 points en banque en onze parties, son différentiel de -11 n'est pas à la hauteur d'un défenseur ayant été le premier choix de la deuxième ronde au dernier encan de la LNH.

Judes Vallée a aussi pointé l'implication défensive de Julien Pelletier (sept buts en dix rencontres, mais un différentiel de -8) et de Guillaume Gauthier (20 points en 15 matchs, différentiel de -17).

En fait, seulement deux joueurs affichent un dossier positif : Mikael Sabourin (+1) et Nicolas Poulin (+1).

Puis ne me parlez plus de l'attitude de Daniel Audette. Sans être parfait, ce dernier a évolué en ce sens et qu'on se le dise.

Plus que des chiffres

On peut certainement tenter d'expliquer les déboires du Phoenix par des chiffres, mais ça va au-delà des statistiques.

L'inconstance du Phoenix causée par une perte de confiance entraîne bien des problèmes. Le principe de la saucisse Hygrade s'applique. Plus le Phoenix perd, plus il joue nerveusement. Plus il joue nerveusement, plus il perd...

On pourrait parler de Kay Schweri qui n'a pas encore fait bouger les cordages. Ou bien des trios de soutien qui n'amènent pas d'eau au moulin. Et pourquoi pas des blessures ou de la malchance? Ou même encore de l'absence d'un troisième joueur de 20 ans dans l'alignement?

Mais rendu à un certain point, les excuses n'ont plus aucune valeur. Il est grand temps que le Phoenix relève le menton et se remette à jouer au hockey.

La bonne nouvelle? Les deux prochains matchs seront contre les Voltigeurs de Drummondville. Oui, ils se trouvent dans le top 10 canadien. Mais le Phoenix est leur bête noire et quoi de mieux qu'une victoire contre une excellente équipe pour gagner en confiance.

Bref, ceci n'était pas l'autopsie du Phoenix, car la troupe de Judes Vallée est loin d'être morte avec encore 53 matchs à jouer. Quelques victoires de suite et l'oiseau légendaire pourrait très bien se ranimer soudainement.

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