La rédemption de Carl Gagnon-Bisaillon

Carl Gagnon-Bisaillon... (Imacom, Julien Chamberland)

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Carl Gagnon-Bisaillon

Imacom, Julien Chamberland

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(SHERBROOKE) Carl Gagnon-Bisaillon savoure chaque moment sur le terrain, chaque ballon qu'il capte, chaque plaqué qu'il esquive. Le football lui a manqué. Beaucoup. Par sa propre faute. Il s'est juré de réparer ses erreurs.

Le receveur de passes, qui a joué deux ans avec les Géants, à Saint-Jean, au football collégial, a fait des étincelles sur le terrain dès qu'il a endossé l'uniforme du Vert & Or, il y a plus de trois ans.

Son talent ne laissait planer aucun doute; ses feintes et sa rapidité faisaient de lui une arme plus qu'intéressante pour l'attaque sherbrookoise.

Avec un poste de partant à sa première année, et établi comme un bon receveur dès sa deuxième saison, Gagnon-Bisaillon aspirait à un rôle plus important, l'an dernier.

Mais voilà, il n'était plus là. Absent du programme. Disparu.

« J'ai pris de mauvaises décisions, je me suis creusé un trou. Mon père et ma mère ont fait des moves financiers qui ont fait que j'ai perdu mes prêts et bourses. J'ai dû commencer à travailler pour payer l'appart, les frais de scolarité, tout. C'est pour ça que j'ai commencé à travailler dans les bars, afin d'avoir de l'argent, plus vite. »

« Tout s'est enchaîné rapidement. En trois mois, j'ai tout perdu; j'ai commencé à rater des pratiques, j'ai coulé des cours, j'ai perdu mon année d'admissibilité, car je n'avais pas mes 18 crédits pour jouer, j'ai été mis dehors de mon baccalauréat (administration). La claque sur la « gueule » a été franchement solide », s'est-il rappelé.

À l'écart de l'école et du football, Gagnon-Bisaillon allait tout de même aux matchs locaux de l'équipe. Comme un simple spectateur.

L'ampleur de ses mauvaises décisions s'est intensifiée pendant toute l'année dernière.

« J'ai haï les coachs, l'université, j'ai pensé transférer, j'étais en colère, mais comment peut-il y avoir neuf sources différentes à mes problèmes? C'est peut-être juste moi, dans le fond, qui n'agissait pas de la bonne façon. L'affaire la plus dure, c'était de regarder les gars autour de moi, des gars qui croyaient en moi, plus que moi. »

« Je n'étais pas assez mature, j'étais négligent, je pensais que j'étais au-dessus de tout, comme un enfant, j'ai dû faire un « u-turn ». J'avais le choix : m'écraser, ou me retrousser les manches, d'arrêter de jaser et d'agir. »Lentement, Gagnon-Bisaillon a repris le dessus. Lentement.

« J'ai passé mes six cours dont j'avais besoin pour jouer au foot en 2015, des cours que j'ai passés haut la main. Comme ça, j'ai franchi une étape vers la réintégration vers mon bac. Là je suis étudiant libre; j'ai des cours d'administration. Si tout va bien, ensuite, je serai étudiant libre en administration. Et si j'ai plus de 2,5 de moyenne, je pourrai réintégrer mon bac. C'est une étape à la fois. »

Son retour au sein du groupe de football l'hiver dernier fut, de son propre aveu, un peu froid. Les gars considéraient probablement qu'il avait eu assez de chances. Que c'était peine perdue.

Lentement, il a dû se rebâtir une crédibilité auprès de ses coéquipiers. Et il a pris le dessus. Jusqu'à présent.

Une bonne nouvelle non seulement pour lui, mais pour son équipe.

En deux matchs cette saison, il a capté le ballon à sept reprises pour 173 verges et un touché, inscrit après une longue course de 57 verges, samedi, contre le Rouge et Or de l'Université Laval.

Un touché qui, autrefois, aurait été célébré dignement, à la façon Gagnon-Bisaillon.

Pas cette fois.

« Quand je suis revenu dans le groupe, je voulais me prouver que j'étais capable. Pour moi. Je devais aussi regagner la confiance des gars, je sentais que j'avais une dette envers le Vert & Or. »

« J'ai tout à prouver, il n'y a rien d'acquis pour moi sur le terrain; et ça, ça se travaille chaque jour. J'ai changé plein de choses dans ma vie; j'ai pris de meilleures décisions. Pendant toute cette année, j'ai gardé un contact correct avec mes parents, mais je voulais régler les choses par moi-même. Je voulais m'en sortir tout seul. »

« Je m'attends à une bonne saison; je veux livrer la marchandise. J'ai réglé les affaires qui faisaient que je prenais les mauvaises décisions, des décisions égoïstes.

« Je me satisfais plus de ma petite routine actuelle que celle d'avant, où je me préoccupais plus d'avoir 1000 followers de plus sur Instagram parce que je suis allé faire le party avec des gens que je connais pas. »

« Je veux pouvoir dire à mes enfants que je suis devenu un homme, que j'ai eu mon diplôme, que oui, j'ai fait des erreurs, mais que j'en ai tiré des leçons. »

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