Claude Raymond: «Tant qu'il y a un club»

Les espoirs qui entourent le retour des Expos... (IMACOM, Jessica Garneau)

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Les espoirs qui entourent le retour des Expos dans la métropole ne paraissent pas farfelus aux yeux de l'ancien commentateur de l'équipe, Claude Raymond.

IMACOM, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Le retour des Expos n'a jamais été envisagé plus sérieusement que cette année. Un stade Olympique rempli à craquer, un commissaire qui se montre ouvert et un maire qui s'élance pour la longue balle, c'est le compte complet. On se permet de départager le mythe de la réalité avec l'ancien releveur des Ligues majeures et commentateur Claude Raymond.

Ancien releveur des Ligues majeures de baseball pendant 12 ans entre 1959 et 1971 avant d'entamer une carrière de commentateur pour les Expos de Montréal à la radio et la télévision, Claude Raymond n'a plus besoin de présentation. Or, plus de 10 ans après le départ de Nos Amours, les espoirs qui entourent leur retour dans la métropole ont tout de même incité le premier Québécois à avoir participé à un match des étoiles des ligues majeures à dépoussiérer son curriculum vitae.

En entrevue, près des allées du Club de golf Venise où la Ligue du Vieux poêle tient son tournoi annuel, on comprend rapidement que Claude Raymond ne se sent jamais aussi bien qu'à proximité d'un gazon, qu'il soit synthétique ou non.

«Ça a toujours été ma vie le baseball, lance-t-il sans ambages après avoir laissé entendre qu'il était toujours meilleur pour loger une balle dans un gant que dans un trou. J'ai joué pendant 17 ans, j'ai fait de la radio 12 ans, de la télé pendant 18 ans et j'ai été entraîneur pendant trois ans. Ça m'a fait 50 belles années dans le baseball professionnel et je ne demande rien de mieux qu'il y en ait d'autres ici.»

Dans Field of Dreams, un film de 1989 mettant en vedette Kevin Costner, le personnage principal entend une voix lui susurrer à l'oreille de bâtir un stade afin d'attirer les gens. «If you build it, he will come», entend constamment l'agriculteur Ray Kinsella. Est-ce le genre de mots que s'échangent le maire de Montréal Denis Coderre et le commissaire du baseball majeur Rob Manfred? Quoi qu'il en soit, s'il s'agit du genre de prophétie qui se concrétise inévitablement au septième art, Claude Raymond n'a jamais été plus convaincu que le retour des Expos passera du rêve à la réalité dans un avenir rapproché.

«Si tu m'avais posé la question il y a deux ans, je t'aurais dit que t'es fou! s'agite celui qui a aussi porté l'uniforme des White Sox de Chicago, des Braves de Milwaukee et d'Atlanta et des Astros de Houston. Mais quand il y a eu les matchs hors-concours avec un stade plein, ma confiance a augmenté de beaucoup. Maintenant, j'entends des noms de personnes qui ont passablement d'argent qui voudraient s'investir là-dedans. Ça serait très bon pour beaucoup de monde, dont l'économie de Montréal et les partisans.»

«Je peux te dire que le commissaire du baseball majeur a d'autres choses à faire que de rencontrer toutes sortes de gens. Que Denis Coderre puisse le rencontrer et jaser avec lui pendant une journée de temps, je lui lève mon chapeau, parce qu'il n'y a pas grand monde qui peut faire ça. Il est un bon vendeur et d'après moi, il a impressionné le commissaire parce qu'il parle de Montréal de plus en plus souvent, ce qui était tout le contraire avec Bud Selig il n'y a pas si longtemps.»

«Si l'on peut se permettre de rêver, ce serait bien de voir s'amener les Rays de Tampa Bay», que je dis en étant certain d'aller chercher l'approbation de Claude Raymond. «Il y aurait une rivalité naturelle avec les Blue Jays, les Red Sox de Boston et les Yankees de New York et en plus, on aurait droit au frappeur désigné.»

C'était de sous-estimer la capacité d'un lanceur de frapper. Claude Raymond n'est pas impressionné par le rôle singulier des Big Papys du circuit.

«J'hais ça le DH (frappeur désigné)! s'emporte l'auteur de 83 sauvetages et 497 retraits au bâton en agitant dangereusement ses bras. La ligue nationale a toujours voté contre ça. Je pense que le baseball, tu dois laisser frapper le lanceur, parce que ça change totalement la stratégie. Tes lanceurs sont au monticule moins longtemps, parce que si tu tires de l'arrière tu vas vouloir un frappeur suppléant. Les gérants sont aussi plus alertes. Dans la Ligue américaine, il n'y a pas beaucoup de stratégie à voir là. C'est rendu que quand tu vois un frappe et court, t'es tout surpris parce que ça a l'air nouveau.»

L'incartade fut toutefois de courte durée.

«Que ce soit qui ça voudra, ça n'a aucune importance tant qu'il y a un club.»

Et que Claude Raymond revienne pour nous en parler.

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