Les armes ne résonnent pas

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

J'étais persuadé que l'assassinat d'une équipe de reporters, la semaine dernière en Virginie, ramènerait la question du contrôle des armes à feu sur le tapis au Canada, à plus forte raison, au cours d'une campagne électorale.

Ça n'a pas été le cas.

Les conservateurs ont tenu en 2012 leur engagement d'abolir le registre des armes d'épaule. La décision en elle-même a suscité moins de controverse que le processus de destruction des données, qui a valu au gouvernement Harper des reproches de mauvaise foi. Dans une décision partagée, les juges de la Cour suprême du Canada ont déterminé que cela ne constituait pas un abus de pouvoir.

Le Bloc québécois a toujours été partisan de l'enregistrement des armes de chasse, mais comme il n'a aucune chance de se retrouver à la tête du prochain gouvernement, Gilles Duceppe passerait pour un illuminé s'il promettait de rétablir le registre. Tout au plus cherchera-t-il à embarrasser ses rivaux du Québec avec ce dossier d'ici le jour du scrutin.

Justin Trudeau, qui peine encore à donner un élan à sa campagne, évitera de se tirer dans le pied, lui qui s'est retrouvé dans une marmite brûlante après avoir déclaré que «le registre avait été une erreur». Il s'en tiendra loin.

Le chef néo-démocrate est le dernier à avoir défendu «un registre allégé». Thomas Mulcair sait cependant que le sujet est explosif. Il n'a pas besoin du vote des partisans du registre pour engranger des votes au Québec alors que cette polémique, ayant divisé ses troupes lors des différents votes tenus aux Communes, pourrait faire dérailler sa campagne ailleurs au pays. En avance dans les sondages, M. Mulcair risque bien plus d'être pris pour cible que d'agir en assaillant dans le dossier des armes à feu.

Pour ménager ses rapports avec celui qui pourrait devenir le prochain premier ministre, le gouvernement Couillard ne se fera sans doute pas très insistant auprès de Thomas Mulcair, malgré les revers devant les tribunaux pour forcer le fédéral à lui remettre les données québécoises du registre. Juste à soulever la question, le premier ministre Couillard se retrouverait à devoir préciser à quel moment il livrera son propre engagement de créer un registre québécois.

«Pour nous, le débat est clos à Ottawa. Pour ce qui est de la volonté provinciale, ça me semble au point mort. Quand je regarde le nombre de dossiers chauds que le gouvernement Couillard aura à gérer cet automne, je serais bien étonné qu'il allume un autre foyer d'incendie avec les armes à feu. En tout cas, je ne lui suggère pas» analyse le directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs, Alain Cossette.

Reste la bataille menée par la commissaire à l'information du Canada, Suzanne Legault. Cette dernière conteste devant les tribunaux la constitutionnalité de la Loi sur l'abolition du registre des armes à feu ainsi que la manière dont les autorités fédérales ont traité une demande d'accès aux données du registre.

C'est en vertu de ces démarches qu'une copie de données québécoises de l'ancien registre est conservée sous scellé par la Cour fédérale.

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