Le début d'une nouvelle ère pour les Alouettes

Le directeur général des Alouettes Jim Popp a... (Rogério Barbosa, Alouettes de Montréal)

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Le directeur général des Alouettes Jim Popp a plusieurs raisons de sourire, ces temps-ci.

Rogério Barbosa, Alouettes de Montréal

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(SHERBROOKE) Il faut s'y prendre à deux fois pour repérer Jim Popp sur les lignes de côté du Coulter Field de l'Université Bishop's, où se déroule présentement le camp d'entraînement des Alouettes de Montréal.

Même s'il est l'homme fort de l'équipe depuis des années, le principal architecte des succès montréalais des 10 dernières années, Popp se fond dans l'environnement football. Pas question de rester au bureau.

Vêtu de son manteau aux couleurs de l'équipe, casquette à visière sur les yeux et souliers de course aux pieds, Popp arpente les lignes de côté en slalomant entre les joueurs, s'arrêtant ici et là pour jaser, avec un thérapeute, avec un entraîneur, un joueur. Toujours le sourire aux lèvres.

Lorsqu'il tourne les yeux vers les gradins, il n'hésite pas à aller à la rencontre des amateurs présents, à serrer des mains et à lancer quelques mots en français.

Popp a le sourire facile. Il n'est pas le seul, chez les Alouettes. Et pour cause.

«Je te dirais qu'à l'heure actuelle, on est meilleurs que l'an dernier sans avoir disputé un seul match», dit-il avec conviction.

Aucun doute. Les Alouettes sont à la recherche de stabilité depuis le départ de l'entraîneur Mark Trestman vers la NFL et Popp croit avoir cimenté le tout dès 2014, avec l'embauche de Tom Higgins.

Si le congédiement du coordonnateur Rick Worman lors du camp d'entraînement 2014 a semé l'incertitude dans l'équipe, une brouille qui a mené à une fiche de 1-7 en début de saison, Popp croit dur comme fer que son équipe en est sortie grandie.

L'arrivée du quart Jonathan Crompton a amorcé une séquence intéressante qui s'est soldée par une fiche de 8-2 et surtout, beaucoup d'espoirs pour 2015.

«Dès le mini-camp, en Floride, on a vu qu'on était tellement en avance sur l'an dernier et ça se confirme lors du présent camp d'entraînement. Tout se met en place à notre goût, à cause de la stabilité du personnel d'entraîneurs. Pratiquement tous les entraîneurs sont de retour. Ça fait une différence.»

«On a eu cinq entraîneurs-chefs en quatre ans, c'est dur. Et même lors des deux dernières années du règne de Trestman, on n'a pas performé conformément aux attentes. Et par la suite, on a vécu deux années de transition et la retraite de Calvillo. Les gens ne l'ont pas vu, mais on a perdu 11 entraîneurs au total. Ce fut majeur, comme problématique. Et on n'arrivait pas à établir un système de jeu qui convenait à Calvillo. Malgré tout, on a fait les séries chaque fois et on a participé à deux finales d'association», a-t-il analysé.

«La force de cette équipe, c'est son vestiaire, c'est l'ambiance et la camaraderie entre les gars. Et c'est encore plus fort cette année. Mais on doit être meilleurs; on doit marquer plus de points, faire les jeux lors des moments critiques et réussir nos plaqués sur les unités spéciales.»

Profondeur et compétition

Le niveau de compétition est à son plus haut, chez les Alouettes. Il y a peu de postes acquis. Le botteur Shawn Whyte voit le jeune Boris Bede dans son rétroviseur; il y a congestion chez les receveurs de passes; la position de porteur de ballon regorge aussi de talent et même Crompton sait que Tanner Marsh peut faire le travail derrière lui, avec un Brandon Bridge qui montre de belles aptitudes.

Et c'est à Popp que revient en partie le mérite d'avoir récolté cette profondeur, par le biais d'échanges, de signatures ou de choix au repêchage.

Car il le répète à qui veut l'entendre : il base ses décisions uniquement sur les besoins de l'équipe, et non sur des considérations partisanes.

Certains supporteurs, d'ailleurs, se demandent encore pourquoi Montréal n'a pas choisi les Québécois Danny Groulx ou Byron Archambeault, lors du dernier repêchage.

«On a sélectionné plus de joueurs francophones que n'importe quelle équipe professionnelle à Montréal; là-dessus, il n'y a pas de débat. On fait plus et mieux que le hockey et le soccer. Cependant, on veut les meilleurs joueurs selon nos besoins et le talent disponible. Et je suis clair là-dessus, si deux joueurs sont tout près dans l'évaluation, on va prendre le gars local, sans hésiter. En fin de compte, l'important c'est de gagner. Je pourrais avoir 44 joueurs provenant des universités du Québec sur le terrain, mais si je ne gagne pas, ça donne rien. Les fans ça ne leur fait rien, d'où les gars viennent. Ils veulent une équipe gagnante», a martelé Popp.

«On ne fait pas la charité, ici. Des gars comme Proulx, Heppell, Brouillette, Brodeur-Jourdain et les autres, ils jouent ou ont joué avec nous car ils le méritaient. Et ils nous remercient pour ça, parce qu'ils savent que s'ils étaient sur le terrain, c'était parce qu'ils étaient assez bons pour y être, pas juste parce qu'ils viennent du Québec.»

«L'an dernier, j'ai repêché David Foucault, et tout le monde était content. Cette année, je ne prends pas de francophones, du moins dans les premières rondes, et on me critique. Ce n'était tout simplement pas nos besoins, dans l'immédiat. Il y avait beaucoup de joueurs de ligne offensive de qualité, mais un seul Chris Ackie.»

Les assistances aux matchs des Alouettes ont subi une baisse, au cours des dernières années, conséquence évidente du départ de certains joueurs établis, tels que Ben Cahoon ou Calvillo.

Et la mince foule de 15 000 personnes à la demi-finale de l'Est, l'automne dernier face à la Colombie-Britannique, a fait sourciller bien des gens.

Maintenant que la continuité s'est installée au sein de l'équipe, que l'enthousiasme de la jeunesse fait son chemin, le directeur général croit que les Alouettes seront à surveiller en 2015.

L'avenir nous le dira.

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