Les nageurs me manqueront

Je l'avoue d'emblée : je ne sautais pas de joie cette semaine lors de la... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Archives La Tribune, Jessica Garneau

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(CHRONIQUE) Je l'avoue d'emblée : je ne sautais pas de joie cette semaine lors de la conférence de presse de la Traversée internationale du lac Memphrémagog (TILM), qui a annoncé qu'elle rompait ses liens avec la FINA et ne présentait plus les deux compétitions qui étaient sa raison d'être, soit le marathon de 34 km du circuit Grand Prix et la Coupe du monde 10 km.

Les bonzes de la FINA, un organisme vieillot plus ou moins connecté avec les athlètes, ne me manqueront pas, mais les nageurs, c'est une autre histoire. Que de bons souvenirs avec les Damian Blaum, Esther Nunez Morera, Pilar Geijo, Joanes Hedel, Tomi Stefanovski et avant eux, le grand Petar Stoychev, Stéphane Gomez, Paul Asmuth, Shelley Taylor Smith et combien d'autres.

À titre de famille d'accueil, bénévole et journaliste, j'ai eu un contact privilégié avec ces superbes athlètes que sont ces nageurs longue distance en eau libre. Il y a quelques années, j'en comptais une douzaine chez moi pour faire la fête... quelques heures après avoir passé huit heures et plus à nager les 34 kilomètres du marathon magogois. Être polyglotte cette nuit-là m'aurait été fort utile, mais c'est drôle comme après quelques verres on parlait quasiment tous la même langue.

J'ai souvent fait suer mon patron au journal à qui je demandais deux pages par jour durant la semaine de la traversée pour vous raconter leurs parcours, leurs prouesses, vous faire découvrir leurs côtés humains. Passionné, vous dites? Comme pas un, je vous répondrai.

Cela n'a pas été dit à la conférence même si le chiffre a été avancé, mais je ne crois pas que les dirigeants de la TILM trouvaient que les nageurs étaient trop grassement payés pour leur participation au marathon. Un montant de 25 000 $ en bourses totales pour 20 nageurs pour le sport le plus exigeant au monde, c'est, au contraire, plutôt illogique et ridicule. Il y en a qui recevaient une bourse qui ne payait même pas leur billet d'avion. Mais compte tenu de leurs moyens financiers, c'est tout ce que la TILM pouvait leur offrir. D'ailleurs, le lac St-Jean et Magog offraient les bourses les plus élevées du circuit Grand Prix.

Cependant, je comprends tout à fait la décision du comité organisateur devant les contraintes budgétaires auxquelles il faisait face. Et puis, faire rire de soi quand on réalise ce que les autres événements du genre au Québec reçoivent en subventions alors qu'à Magog on ramassait les miettes, à un moment donné ça suffit.

Il faut même féliciter la direction de la TILM qui a refusé de fermer boutique. Leur virage vers la masse, les amateurs, dans le but d'aider à former la relève est tout à leur honneur. Économiquement parlant, ce sera même un plus pour Magog et la région. Il y aura plus de nageurs qui participeront aux différentes épreuves et on le sait, un athlète ne se déplace jamais seul. Selon les responsables du triathlon Trimemphré, un triathlète vient à Magog avec trois accompagnateurs. Ça s'appliquera aussi pour la nouvelle version de la TILM.

Mais côté prestige, c'est un pas en arrière, on ne me fera pas dire le contraire. On avait la chance à Magog d'accueillir les meilleurs athlètes au monde d'une discipline (nage en eau libre). En connaissez-vous bien des municipalités de 30 000 habitants et moins qui pouvaient se vanter d'accueillir des athlètes de ce calibre?

D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment compris pourquoi les gens de Magog n'ont jamais imité ceux du lac St-Jean en s'accaparant eux aussi leur traversée. Là-bas, c'est le party perpétuel et les nageurs ont droit à un bain de foule avant, pendant et après la traversée. À Magog, c'était beaucoup plus timide exception faite à l'arrivée des nageurs à la fin du marathon. On peut aussi ajouter les marchands du centre-ville qui ont quasiment toujours tourné le dos à la TILM.

Bref, on a peut-être un peu tous couru après! Faudra s'en rappeler.

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