Maurice contre Mad Dog

Le 21 novembre 2013, Patric Laprade et Bertrand Hébert vivaient pour la... (IMACOM, Jessica Garneau)

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IMACOM, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Le 21 novembre 2013, Patric Laprade et Bertrand Hébert vivaient pour la première fois l'expérience du Salon du livre de Montréal afin d'y présenter À la semaine prochaine, si Dieu le veut!, leur premier ouvrage relatant la riche histoire de la lutte au Québec.

Une date facile à retenir pour les deux auteurs férus des catcheurs, puisque c'est aussi le même jour que l'un des plus illustres visages de ce sport-spectacle, Maurice « Mad Dog » Vachon, s'est éteint dans sa résidence d'Omaha, au Nebraska.

« Maurice est probablement l'un des lutteurs le plus connus à l'extérieur du Québec. Il a transcendé son sport, il était plus grand que nature. Tout le monde a déjà entendu le nom de Mad Dog Vachon. Quand il est décédé, on nous appelait au Salon pour qu'on parle de Maurice, de sa vie, de son impact sur la lutte. Devant l'engouement des gens et des médias pour lui, on a compris qu'on devait en faire un livre », relate Pat Laprade qui était de passage à Sherbrooke avec Bertrand Hébert cette semaine pour faire la promotion de Maurice « Mad Dog » Vachon, leur deuxième ouvrage paru chez les éditions Libre Expression.

Un livre qui prend aujourd'hui la forme d'une biographie de 312 pages accordée au « chien enragé », un sobriquet qu'on lui aurait accolé après qu'il s'en soit pris à un adversaire, à un arbitre et un policier au court d'un même combat dans les années 1950.

« Comme lutteur, Maurice était unique en soi : il avait une barbe très foncée, il était édenté, avait un crâne chauve et possédait une voix unique. Il avait un style de lutte non scientifique de coups de poings et de coups de pieds. Il pouvait griffer dans le dos, faire des coups bas et n'importe quoi pour arriver à ses fins. Il était incroyablement détesté et quand t'es détesté à la lutte, t'es populaire et tu vends des billets », rappelle Laprade.

« Un pionnier »

Le style flamboyant du lutteur s'étendait d'ailleurs bien au-delà du ring, où « Mad Dog » était « un pionnier pour promouvoir ses combats », fait valoir Pat Laprade. En prélude de son duel contre Wladek « Killer » Kowalski au parc Jarry en 1973, Vachon avait menacé de se suicider s'il ne parvenait pas à en sortir victorieux.

« Ça ne se ferait pas aujourd'hui, souligne le coauteur en riant, mais ça a donné plus de 29 000 personnes au parc Jarry, ce qui est encore la plus grosse foule pour un gala de lutte au Québec, et le lendemain les journaux titraient Maurice bat Kowalski et renonce au suicide, donc ça a fonctionné! »

Plutôt que de s'adresser à la personne qui l'interviewait à l'écran, « Mad Dog » a également été l'un des premiers à enguirlander ses adversaires et les gens en confrontant directement la caméra, un modèle qui tient encore aujourd'hui.

« C'est définitivement l'un des pionniers. Il innovait pour vendre des combats. Quand il a voulu diffuser la lutte Grands prix le dimanche matin dans les années 1970, on lui a répondu à Télé 7 que personne ne regardait la télé à ce moment, ce à quoi il a répondu que c'est parce qu'il n'y avait tout simplement pas d'émissions, et c'était vrai à l'époque! Il y avait finalement près d'un million de personnes chaque dimanche qui regardait les combats tournés dans les studios de Sherbrooke! »

L'opposé du personnage

À l'image d'un certain Dr Jekyll qui contenait en lui le terrible M.Hyde, Maurice Vachon était cependant tout le contraire du « Mad Dog » une fois la tenue de spandex déposée sur le crochet « et c'est précisément autour de cette dualité » que s'épanche sa biographie, tient à noter le coauteur.

« C'est l'un des fils conducteurs du livre. La vie de Maurice et la carrière de «Mad Dog» étaient à l'opposé l'une de l'autre. Maurice était un être généreux, possédant le coeur sur la main. C'est fou le nombre de lutteurs, québécois ou non, qu'il a aidés au cours de leur carrière, en les référant à un promoteur ou en leur donnant l'idée d'un personnage pour les relancer. Les lutteurs qu'on a rencontrés le considèrent comme un père. »

Il s'agissait là d'un juste retour d'ascenseur si l'on se fie à Pat Laprade. Que ce soit dans sa jeunesse lorsque son père l'a sorti d'un chemin qui l'aurait probablement conduit dans le crime organisé, ou après sa retraite de la lutte en 1987, quand sa troisième femme, Katy, l'a aidé à se remettre d'un accident qui l'a privé de la jambe droite, Maurice Vachon est fréquemment tombé, mais il a toujours pu compter sur quelqu'un pour l'amener à se relever.

« Il ne l'a pas eu facile. Quelque part, il était reconnaissant en la vie et c'est un peu pour ça qu'il voulait y contribuer lui aussi. Il pouvait prêter de l'argent à des amis, à de la famille et des inconnus. Ça avait ses mauvais côtés, parce qu'il se faisait embarquer dans des choses qu'il n'aurait pas dû, mais c'était dans sa nature d'être généreux. »

« Il y a peu de gens qui faisaient l'unanimité dans la lutte, mais Maurice en était un », résume-t-il.

Il aurait certainement pu ajouter « Mad Dog ».

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