Un déficit faunique dans les lacs

La récolte d'oeufs de touladis dans le lac... (Archives La Tribune)

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La récolte d'oeufs de touladis dans le lac Massawippi a été suspendue l'automne dernier par le ministère de la Faune, avec comme conséquence que cinq plans d'eau de l'Estrie seront privés des ensemencements habituels. Les répercussions ne se feront toutefois pas sentir cette année, mais plutôt en 2016.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

La lutte au déficit zéro menée par le gouvernement Couillard se répercutera sur le patrimoine faunique de l'Estrie. Cinq plans d'eau de la région seront privés en 2016 d'ensemencements assurant habituellement des dépôts variant entre 25 000 et 30 000 touladis.

Ces impacts découleront de la suspension de la récolte des oeufs, première étape d'un élevage en bassins pratiqué pour assurer un meilleur taux de fécondation et de survie des alevins.

Une équipe régionale de la Faune avait l'habitude de procéder chaque automne à la récolte d'oeufs de touladis (truite grise) au lac Massawippi en prévision d'ensemencements futurs. Cette mission était remplie en quelques jours.

Ce ne fut pas le cas à l'automne 2014. La directive est venue des instances de haut niveau : y'a pas d'argent pour assurer le financement de l'opération, on saute une année.

Comme les embryons passent 18 mois en pisciculture, les répercussions ne seront pas immédiates. Le déficit faunique se produira l'an prochain.

«Les ensemencements qui étaient au calendrier cette année auront lieu comme prévu. L'an prochain par contre, nous n'aurons pas de jeunes touladis ayant atteint ce stade de développement pour une remise à l'eau», confirme le biologiste Sylvain Roy, responsable de la faune aquatique en Estrie.

Les ensemencements de grises sont effectués en alternance, une année sur deux, dans les plans d'eau estriens. Cette année, les lacs Massawippi et Mégantic recevront les fruits de la récolte automnale de 2013.

Même en sachant qu'il y aura entorse l'an prochain dans le programme d'alternance visant à assurer le maintien de la qualité de pêche, M. Roy ne juge pas nécessaire de revoir le plan de match.

«Les oeufs proviennent du lac Massawippi et la pression de pêche y est forte. Quant au lac Mégantic, il est en repeuplement de touladis. Dans les deux cas, il est sage de maintenir les ensemencements cette année», explique-t-il.

C'est dire que les lacs Memphrémagog, Brompton, Bowker, Lyster et Stukely écoperont l'an prochain.

«La suspension d'une année d'ensemencement ne ruinera pas les succès de pêche. Il ne faudra cependant pas se surprendre que les pêcheurs prennent un peu moins de poissons», anticipe le biologiste.

Voici un indice révélateur de ce qui nous attend : lors la dernière pêche expérimentale effectuée au filet dans le lac Massawippi par les équipes fauniques, 78 pour cent des touladis capturés avaient subi l'ablation de la nageoire adipeuse (la plus petite sur le dos), signe qu'ils provenaient d'ensemencements.

La reproduction naturelle de la truite grise n'est pas optimale dans la région, car une bonne partie de la fraye est effectuée dans des rivières où des barrages sont utilisés pour prévenir et gérer les crues.

Le biologiste Roy n'est pas en mesure pour le moment de préciser s'il y aura reprise de la pratique de récolte d'oeufs l'automne prochain.

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