Étude explosive mais fragmentaire

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
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Des images présentées ces derniers jours à la télé sont saisissantes pour quiconque consomme de la viande sauvage. Elles montrent la dispersion des fragments de projectile au point d'impact dans la carcasse d'un gros gibier. Cette propagation entraîne une contamination au plomb, un produit que l'on sait nocif pour la santé.

Ça vaut la peine d'aller visionner le reportage sur le site internet de Radio-Canada (une recherche avec « viande sauvage » et « plomb » vous y mènera), son contenu est très intéressant.

Une équipe de chercheurs de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a mesuré la concentration de plomb dans de la viande sauvage.

« La quantité retrouvée nous a surpris. Chez l'orignal, 13 pour cent des échantillons de viande analysés dépassaient la norme européenne sur la salubrité des aliments. Chez le chevreuil, un animal de plus petite taille, ce chiffre grimpe de façon importante, à 37 pour cent », rapporte dans le reportage le Dr Benoit Lévesque.

Résumées ainsi, les conclusions font sourciller. Comme toute étude, il faut par contre la parcourir pour en saisir toute la portée ainsi que les subtilités.

Là est le problème, l'étude complète n'est pas disponible. La rédaction de l'ensemble de l'oeuvre n'est pas terminée, m'a-t-on fait savoir à l'INSPQ.

Le confrère Jeannot Ruel, de la revue Sentier Chasse et Pêche, s'est buté à la même réponse.

« C'est décevant, car il est essentiel de pouvoir examiner toute la démarche, de connaître les armes et les munitions utilisées de même que les pièces de viande analysées. Quand on aura toutes ces informations, ça permettra sûrement d'apporter certaines nuances », croit le vétéran chasseur, un journaliste qui est en plus expert en balistique.

Après avoir lu diverses études américaines, M. Ruel retient que les traces de plomb sont généralement plus prononcées dans la viande hachée que dans les paquets entiers.

« C'est normal, les plus belles pièces de viande sont généralement éloignées du point d'impact », précise-t-il.

Pour illustrer la chose, si le projectile fait éclater une épaule, la dispersion de fragments de plomb sera nécessairement plus grande que si le projectile a traversé des organes vitaux plus mous.

Dans les deux cas par contre, il est peu probable que le steak des parties postérieures soit fortement contaminé.

La puissance d'une arme et les cartouches (les pointes molles se dispersent davantage) sont aussi des facteurs ayant une grande incidence sur la résultante. M. Ruel a traité de ces aspects dans un article exhaustif de Sentier Chasse et Pêche paru en janvier.

Il récidivera dans le numéro de juin-juillet en mettant l'accent cette fois sur les risques de contamination.

« Les cartouches sans plomb, entièrement en cuivre, existent déjà sur le marché, mais elles sont deux fois plus chères que les munitions conventionnelles. Pour les chasseurs, c'est souvent une question de coût », précise-t-il notamment

Cette étude est-elle trop alarmiste?

On pourra mieux l'évaluer une fois que l'ensemble de son contenu sera accessible.

Les risques de contamination sont réels et ils étaient connus. Mieux on les comprendra, meilleures seront nos actions pour les prévenir. Sans se priver de viande!

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