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Bertrand Charest était un «manipulateur professionnel», dit Sara-Maude Boucher

Bertrand Charest... (Archives La Pressse)

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Bertrand Charest

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(SHERBROOKE) Bertrand Charest est un «manipulateur professionnel», estiment la skieuse olympique Sara-Maude Boucher et ses parents. L'ancien entraîneur de ski fait face à 56 chefs d'accusation en lien avec des contacts et des agressions sexuelles sur des mineures au cours des années 1990.

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Sarh-Maude Boucher

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«Les filles qui étaient assez fortes pour lui dire «non» subissaient le traitement de silence. Elles ne se faisaient plus coacher...» résume l'ancienne athlète maintenant âgée de 36 ans, qui a côtoyé Bertrand Charest de 1995 à 1998.

«C'était un entraîneur manipulateur qui abaissait ses athlètes jusqu'à ce qu'il puisse les ramasser à la petite cuillère, relate son père Denis. Toutes les filles sont passées par là. Ton rêve olympique est en train de prendre le bord quand ton entraîneur ne s'occupe plus de toi, alors ça t'incite à l'écouter. C'est une histoire terrible, très terrible.»

Onze femmes ont déjà porté plainte contre l'ancien entraîneur à qui on reproche d'avoir abusé de jeunes athlètes alors âgées de 12 à 18 ans.

Heureusement pour les Boucher, avant même que Bertrand Charest ne commence à entraîner Sara-Maude lorsqu'elle était âgée de 15 ans, ils avaient pu se faire une idée du personnage par le biais d'un entraîneur engagé à l'époque par Denis, qui a fondé la cellule estrienne de ski alpin.

«Au début des années 1990, Charest était dans les Laurentides, et pour avoir la place de l'entraîneur de ski là-bas, il avait inventé une sordide histoire d'abus sexuel qu'il a ensuite fait croire aux parents», relate Francine Parr, la mère de Sara-Maude, non sans y relever une forme d'ironie.

«C'était un manipulateur professionnel, qui a d'abord manipulé tout le monde dans les Laurentides. On s'est ensuite fait recommander cet entraîneur (dont la famille préfère taire le nom) et tout le monde s'entend pour dire qu'il a toujours été professionnel.» Selon Mme Parr et M. Boucher, c'est ce lien de confiance avec l'entraîneur sali par Charest qui a protégé leur fille contre ce dernier.

«À cause de cet incident, chaque fois qu'on voyait ce gars-là (Bertrand Charest), on avait des fusils dans les yeux, tout comme Sara-Maude. On n'est pas des parents plus fins que les autres, on a simplement été chanceux. On a eu une chance inouïe de savoir à quel genre de personne on avait affaire, parce que personne n'est à l'abri de ce genre d'esprit là et peut-être que Sara-Maude serait tombée dans son piège sans ça.»

C'est d'ailleurs cette inimitié constante qui a incité Bertrand Charest à tenter d'amadouer Sara-Maude.

«Un jour, je faisais mes devoirs et Bertrand a mis ses mains sur la table de chaque côté de moi. J'étais prise entre ses bras et il m'a demandé pourquoi je ne l'aimais pas. On s'est regardés dans les yeux et je lui ai dit qu'il le savait», raconte-t-elle.

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