Au seuil de la période critique

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

La neige est arrivée tardivement et en faible quantité au début de l'hiver, mais voilà que les accumulations successives des dernières semaines nous amènent déjà à la marque scientifique établissant que les conditions deviennent critiques pour les cerfs de Virginie.

Les dernières lectures aux stations baromètres mesurant l'indice NIVA (mesure d'enneigement et d'enfoncement) indiquaient un niveau d'enfoncement de 42 cm. C'était avant la vingtaine de centimètres qui doit nous tomber dessus d'ici la fin de semaine. Le seuil de vulnérabilité des chevreuils est à la barre des 50 cm.

Le graphique accompagnant la chronique compare la courbe de cette année à celle de l'an dernier à la station nivale d'Island Brook, secteur abritant l'un des plus imposants ravages de cerfs de la région. Or, à 130 pour cent, l'indice de rigueur du dernier hiver avait lui-même été préoccupant.

« Nous sommes effectivement en voie d'atteindre le niveau d'enfoncement critique plus rapidement que l'an dernier. Toutefois, les cerfs ont été en mode d'économie d'énergie au début de l'hiver et malgré les grands froids, ils ont eu accès assez facilement à de la nourriture. Ils n'ont pas été trop hypothéqués jusqu'à maintenant », relève le biologiste Éric Jaccard, responsable de la grande faune en Estrie.

Le taux de mortalité hivernale est proportionnel à la longueur de la période passée au-dessus du seuil critique.

« L'an dernier, le niveau d'enfoncement a atteint les 70 cm et la séquence à 50 cm et plus a duré 23 jours à la station d'Island Brook et 33 jours à celle de La Louise, dans le secteur de Lac-Mégantic. Des cerfs adultes bien portants peuvent affronter de telles conditions sur une aussi longue période, mais ça devient très éprouvant pour les femelles en gestation ainsi que pour les faons », explique M. Jaccard.

Rappelons que les statistiques de chasse de l'automne ont reflété les trouées causées par le dernier hiver dans ces secteurs de la zone 4.

On parle souvent de disparités régionales, en voici un bel exemple : la période critique n'a duré que 16 jours l'hiver dernier à la station nivale de Watopéka, près de Windsor. À 44 cm, le niveau d'enfoncement y est cependant aussi élevé, actuellement.

« Un dégel compacterait cette neige poudreuse et pourrait nous ramener rapidement sous le seuil des 50 cm. S'il fallait par contre que ces conditions prévalent jusqu'à la fin-mars comme ce fut le cas l'an dernier, le prochain mois et demi deviendrait risqué pour le cheptel », note M. Jaccard.

Les gestionnaires de la faune calculent la rigueur hivernale à partir des données de cinq stations nivales. Les deux autres sont à Sainte-Christine (près d'Acton Vale) ainsi qu'à Saint-Jacques de Leeds (aux limites de Thetford Mines et de la Beauce).

Au terme de l'hiver, les mesures sont croisées pour établir une moyenne par zone, qui devient une référence pour ajuster les paramètres de chasse en prévision de l'automne suivant.

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