La valse du ministre Lessard

Laurent Lessard... (Archives Le Quotidien)

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Laurent Lessard

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Un ministre responsable de la chasse et pêche invité sur le plateau de RDI Économie pour défendre les compressions budgétaires à la Faune?

J'ai cru rêver en voyant plus tôt cette semaine le ministre Laurent Lessard essuyer le bombardement de questions de l'animateur Gérald Filion tout en voyant défiler au bas de l'écran les statistiques illustrant le poids de ces activités dans l'économie du Québec.

C'est une bonne chose que le ministre titulaire de la Faune soit talonné par un économiste et pas seulement par des journalistes de la « clique » des chasseurs et pêcheurs. Je suis persuadé que même le ministre était heureux de se voir offrir une pareille vitrine, hors du cercle de « ses partenaires fauniques ».

Chapeau, M. Filion. Non seulement vous étiez comme d'habitude bien préparé, mais grâce à vous le loup, le renard et la belette ne sont pas que refrain d'une chanson folklorique!

M. Lessard a cherché à se montrer rassurant. La réduction d'effectifs au service de protection de la faune, l'automne dernier, n'a pas laissé le territoire québécois sans surveillance, a-t-il précisé.

Le ministre juge par ailleurs normal de « questionner » l'apport des contractuels embauchés pour prêter main-forte aux biologistes permanents. Il estime que cet exercice peut être effectué sans risquer de perdre l'expertise mise à profit pour élaborer les plans de gestion fixant les prélèvements souhaitables par les chasseurs et les pêcheurs, lorsque ceux-ci sont appelés à joueur un rôle dans le contrôle des populations.

En Estrie, on n'a pas que questionné les besoins d'une technicienne contractuelle au service d'aménagement de la faune. Celle-ci a carrément été emportée par les compressions et c'est le sort qui sera bientôt réservé à plusieurs autres professionnels du ministère, nous apprenait également cette semaine le quotidien Le Devoir.

On n'en serait cependant pas en Estrie à demander au biologiste s'occupant du gros gibier de superviser aussi les ensemencements de poissons. Sans prétendre que nos professionnels régionaux sont intouchables, ils sont détenteurs de postes permanents et n'appartiennent pas au groupe ciblé par le ministre.

« Nos pratiques sont sous examen dans toutes les divisions du ministère et dans toutes les régions du Québec. Il est trop tôt pour s'avancer sur les décisions à venir » répond par ailleurs le porte-parole du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Jacques Nadeau.

Selon le ministre Lessard, près de 7 M $ devant être affectés à la Forêt auraient plutôt servi à défrayer l'an dernier le coût de services liés à la Faune.

« C'est un ministère qui était mal financé. La Forêt est venue à la rescousse pour combler un déficit à la Faune. On travaille toujours à améliorer ce volet » a précisé le ministre Lessard à l'antenne de RDI Économie.

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