Hockey : l'incontournable Suisse

Évoluant sur les glaces de la Ligue nationale... (HC Fribourg-Gottéron)

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Évoluant sur les glaces de la Ligue nationale suisse depuis les 16 dernières années, le Sherbrookois Christian Dubé était aux premières loges pour constater la poussée fulgurante que le hockey helvète a effectuée au cours des deux dernières décennies.

HC Fribourg-Gottéron

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(SHERBROOKE) «Avant, il n'y avait jamais de recruteurs qui venaient nous voir jouer, relate le hockeyeur Christian Dubé. Ils allaient en Suède et en Finlande. Maintenant, la Suisse est un incontournable; il y a des recruteurs chaque soir.»

Évoluant sur les glaces de la Ligue nationale suisse depuis les 16 dernières années, le Sherbrookois était aux premières loges pour constater la poussée fulgurante que le hockey helvète a effectuée au cours des deux dernières décennies.

«Les joueurs ont beaucoup évolué; ils sont beaucoup plus forts mentalement et physiquement qu'ils l'étaient auparavant», note celui qui s'aligne avec le HC Fribourg-Gottéron pour une quatrième saison.

Pour avoir la preuve de ce changement, il suffit de remonter ironiquement au Championnat du monde 2013 organisé conjointement par la Suède et la Finlande.

En arrière 2-1 en fin de troisième période contre le Canada en match de poule, les Suisses continuent tout de même d'afficher la hargne qui les a caractérisés tout au long de la rencontre. Ceux-ci parviennent à créer l'égalité avant de finalement l'emporter en fusillade au compte de 3 à 2. Incapables de s'en remettre, les Canadiens sont rapidement évincés du tournoi, terminant au 7e rang, pendant que les Suisses sont transportés jusqu'à la finale, qu'ils échappent contre la Suède.

«Les Suisses ne sont plus impressionnés, souligne Christian Dubé. On voit qu'au niveau junior, chez les pros ou aux Olympiques, les Suisses sont capables de faire bonne figure contre les Canadiens, les Russes et les autres pays élites.»

«Ils se sont aussi adaptés au style de jeu. Avant, au point de vue physique, il y avait une différence. On a encore l'avantage un peu, mais les Suisses sont capables de riposter. Le jeu a changé. C'était beaucoup de batailles et d'accrochage et ça a évolué pour le mieux. Les Suisses sont meilleurs avec le jeu d'aujourd'hui.»

Mark Streit, le «poster boy»

Christian Dubé n'hésite pas à pointer l'ancien défenseur du Canadien de Montréal, Mark Streit, pour expliquer l'origine de l'effervescence qui s'est produite chez les hockeyeurs suisses.

«Ç'a été lui au début qui a débloqué quand il est parti à Montréal. Il était un des meilleurs défenseurs de la ligue lorsqu'il est parti à la fin vingtaine. Ça été lui le poster boy, la tête d'affiche de la Suisse dans la LNH.»

Depuis, les Helvètes sont de plus en plus nombreux dans le grand circuit. Seulement avec le Canadien, Rafael Diaz, Yannick Weber et maintenant Sven Andrighetto ont porté les couleurs de la Sainte-Flanelle après le départ de Streit.

«Avant, en Suisse, c'était impensable pour un jeune d'aspirer à la Ligue nationale tandis que maintenant ils y pensent souvent; ça se fait régulièrement. C'était un exemple pour les jeunes; ils sont capables de s'identifier à eux, ils voient qu'ils sont capables de bien faire en Amérique.»

Et selon Dubé, il ne faudrait surtout pas négliger l'apport de la venue d'entraîneurs comme Bob Hartley et Marc Crawford sur la visibilité de la Ligue nationale suisse.

«Avec des entraîneurs comme ça, ça fait beaucoup parler. Ils ont des réseaux élargis en Amérique et au sein de la LNH; ils font connaître la ligue et ça attire d'autres personnes à y venir.»

L'engouement pour la meilleure ligue du pays n'est sans doute pas étranger aux aspirations futures du hockeyeur de 37 ans, qui écoulera la dernière année de son contrat l'an prochain.

«Après je vais voir si je veux jouer encore un an ou pas, mais je vais probablement rester en Suisse. Je suis bien implanté avec ma famille. On revient toujours au Québec l'été à Sherbrooke, mais on est assez Européens maintenant», confie Dubé.

Après avoir joué en quelque sorte le rôle de facilitateur entre le Phoenix de Sherbrooke et les Suisses Kay Schweri et Tim Wieser, l'ancien porte-couleurs des Faucons de Sherbrooke ne cache pas qu'il aimerait continuer de travailler auprès des joueurs.

«Je crois que je vais devenir agent de joueurs pour représenter les hockeyeurs d'ici», songe Christian Dubé.

D'ici là, il aura certainement le temps de voir encore le hockey suisse évoluer.

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