Pire que pire

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Le résumé des statistiques de la dernière saison de chasse à l'orignal en Estrie tient dans cette phrase d'un communiqué émis par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs : « la chasse à la femelle orignal adulte, âgée de plus d'un an, sera interdite dans les zones 4 et 6 à l'automne 2015 et ce, pour tous les engins autorisés ».

Les autorités provinciales décrètent dès maintenant qu'une autre année permissive est à rayer du calendrier. La restriction est prolongée parce que la disette se poursuit.

Comme bilan de fin de saison, parlons d'abord de la zone 4, où la situation est pire que pire.

« La récolte de 442 orignaux marque un nouveau creux. Il s'agit d'un recul de 14 pour cent par rapport à l'an dernier. La baisse est encore plus préoccupante dans le segment des mâles adultes, un indicateur qui confirme la précarité du cheptel », analyse le biologiste chargé de la grande faune en Estrie, Éric Jaccard.

Les 368 mâles enregistrés durant l'automne 2013 ont représenté 71 pour cent de la récolte d'orignaux dans la zone 4. Les 252 mâles de cette année ne comptent que pour 57 pour cent du total. C'est dire que parmi les bêtes inscrites sur la fiche d'enregistrement de chasseurs, pratiquement une sur deux est un veau. La dégringolade se vérifie en quantité et en qualité.

« À la lumière de ces chiffres, il n'y avait qu'une décision à prendre : prolonger l'interdiction d'abattre des femelles pour l'an prochain en espérant que les impacts de cette mesure de protection viennent à se faire sentir », dit M. Jaccard.

Cette décision gouvernementale repousse, au mieux, la prochaine année permissive (saison au cours de laquelle la récolte des femelles est permise pour tous) à 2017. Mais n'y comptez pas trop.

Le ministère de la Faune s'oriente vers un contingentement par tirage au sort ainsi que vers un cycle d'une année permissive aux quatre ans plutôt qu'une année sur deux, comme ce fut le cas dans le passé.

« Il faut trouver le moyen d'équilibrer les effets d'une pression de chasse très forte sur un cheptel également décimé par les tiques, l'une des causes connues des changements climatiques », présente comme enjeu M. Jaccard sans spéculer sur les décisions à venir.

Le portrait est un peu moins sombre, mais guère plus rassurant dans la zone 6. La récolte 2014 est en tous points identique à celle de l'an dernier avec 70 bêtes enregistrées dont 77 pour cent sont des mâles. Il faut cependant se rappeler que les résultats de 2013 avaient été bien en deçà de ceux des précédentes années.

« Il n'y a pas de signes évidents d'une relance et l'échantillon que nous fournit la chasse est tellement petit dans la 6 qu'il vaut mieux jouer de prudence et maintenir les mesures appliquées dans la zone voisine », juge le biologiste.

Dans ses communications écrites, le ministère de la Faune dépeint les populations d'orignaux des zones 4 et 6 comment étant « en déclin » et précise que « les résultats de chasse et la récolte des mâles adultes sont faibles, voire inférieurs aux valeurs attendues et définies dans le plan de gestion 2012-2019 ».

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