Victoriaville rend hommage à Jean Béliveau

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(SHERBROOKE) La mort du légendaire hockeyeur Jean Béliveau ébranle la communauté de Victoriaville où le numéro 4 du Canadien de Montréal a grandi. La Ville a mis ses drapeaux en berne, mercredi matin, rendant hommage à l'homme  décédé mardi à l'âge de 83 ans.

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Alain Rayes

Archives La Tribune

Jean Béliveau a fait ses débuts dans le hockey organisé sur les patinoires de Victoriaville avant d'entamer sa carrière professionnelle.

Section spéciale: Jean Béliveau 1931-2014

«Nos pensées accompagnent les proches de M. Béliveau. Victoriaville est en deuil aujourd'hui après la perte de ce grand homme qui aura inspiré des milliers de Québécois», a indiqué le maire Alain Rayes dans un communiqué de presse.

«En guise de solidarité avec la famille et les proches, la Ville de Victoriaville placera en berne ses drapeaux sur ses différents bâtiments municipaux jusqu'au jour des funérailles de M. Béliveau», ajoute-t-on.

Patins à deux lames

S'il est né à Trois-Rivières, le 31 août 1931, c'est dans les Bois-Francs que Jean Béliveau a vécu les premières années de sa vie. Alors qu'il était âgé de trois ans, son père, qui travaillait pour la compagnie North Shore a été transféré à Plessisville, puis à Victoriaville, en 1937.

C'est à Victoriaville que le légendaire numéro 4 a reçu sa première paire de patins, des patins à deux lames. Il s'est élancé sur sa première glace à l'âge de six ans et y a instantanément pris goût. Jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de 12 ans, son père, Arthur, lui a remis une paire par année à son anniversaire afin de remplacer la précédente qui était devenue trop petite.

Le «Gros Bill» a d'abord porté les couleurs de l'Académie Saint-Louis-de-Gonzague, puis celles du Collège Sacré-Coeur. Même s'il était un brillant élève, Béliveau décide, à l'âge de 16 ans, de quitter l'école pour se concentrer sur son hockey. Au grand détriment de son père qui aurait espéré qu'il prolonge ses études dans le domaine de l'électricité, du bois ou du métal.

Le prodige a débuté sa carrière avec les Panthères de Victoriaville. Même s'il a raté les huit premiers matchs de la saison, le grand gaillard a tôt fait de remporter le championnat des compteurs du circuit junior régional. 17 buts en deux parties face à la formation de Lyster devaient lui permettre de réaliser l'exploit.

Avant même qu'il ne chausse les patins avec les Tigres de Victoriaville, les prouesses du jeune Béliveau avaient fait le tour de Victoriaville, une petite ville de moins de 20000 habitants à l'époque. L'adolescent était reconnu pour son lancer frappé et ses mains magiques. Il était réputé pour démolir les bandes de l'aréna de Victoriaville, amphithéâtre qui porte désormais le nom de Pavillon Jean-Béliveau. Son tir a également démoli la fournaise familiale et la fenêtre d'un voisin.

C'est en 1947 que la légende du hockey a mis pour la première fois les patins pour les Tigres. Recruté par Roland Hébert, Jean Béliveau n'a pas tardé à faire sa marque, s'emparant du premier rang des compteurs de son équipe à sa saison recrue. Il a terminé parmi les dix meilleurs de la Ligue de hockey junior A du Québec et a été nommé meilleur espoir.

Le grand numéro 4 a quitté Victoriaville au terme de la saison 1948-49 après avoir fait 75 points en 42 matchs. Suivant les conseils de Roland Mercier, qui était gérant général des Citadelles de Québec et dépisteur pour les Bruins de Boston, il a choisi de prendre la route de la capitale nationale pour s'aligner avec les Citadelles, puis les Aces de Québec dans la Ligue de hockey senior.

En 1953, Jean Béliveau parafe une entente historique avec le Canadien de Montréal au terme de longues négociations qui lui rapporteront 20 000$ par année pendant cinq saisons et un emploi à vie chez Molson, lui rapportant un autre 10 000$ annuellement.

Après une première saison marquée par les blessures, Béliveau donne finalement raison au CH en 1955-56, alors qu'il termine la saison avec 88 points en 70 parties, battant ainsi le record de la Ligue nationale de hockey pour le plus de points par un joueur de centre et celui du Canadien pour le plus grand nombre de points. Il remporte les trophées Art et Hart Ross, le titre d'athlète de l'année au Canada, ainsi que la première de dix coupes Stanley. Il est encore aujourd'hui le seul Victoriavillois d'origine à détenir une bague de la précieuse coupe.

Un petit garçon comme les autres

Jean Béliveau est l'aîné d'une famille sept enfants. Si ce n'est de son talent de hockeyeur, il est un enfant comme les autres qui s'amusent à jouer des tours pendables aux gens de son quartier. Accompagné de ses amis, les frères Charles et Jean Dumas, Jean-Marc-Côté, Réal Moore et Raymond Gilles, il y va de manigances.

Vers l'âge de dix ans, il lui est arrivé à quelques reprises d'attacher un porte-monnaie à une ficelle et de se cacher en attendant qu'un passant se penche pour le ramasser. Dans les mêmes années, lui et ses amis ont détourné l'attention de Donat Rheault, un restaurateur de la région suffisamment longtemps pour que l'un des leurs déplace l'enseigne de crème glacée du commerce.

Pour se faire pardonner, Béliveau et son groupe n'hésitaient pas à rendre service aux membres de leur communauté. Le valeureux hockeyeur a également été servant de messe jusqu'à l'âge de 15 ans.

Même s'il n'était plus dans les Bois-Francs depuis ses 18 ans, Jean Béliveau était demeuré attaché à la région dans laquelle il a grandi. En 2007, il a participé à une campagne de financement visant à amasser les sommes nécessaires à la construction du centre aquatique de Victoriaville.

- Avec Yanick Poisson

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