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Accident mortel de l'autobus des Castors : 40 ans plus tard

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(Sherbrooke) Chaque fois que le 24 novembre revient au calendrier, joueurs, entraîneurs et même certains partisans de l'édition 1974-75 des Castors de Sherbrooke se souviennent de cette soirée d'horreur où le joueur Gaétan Paradis a perdu la vie.

Daniel Chicoine... (IMACOM, Jessica Garneau) - image 1.0

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Daniel Chicoine

IMACOM, Jessica Garneau

Parti de Québec en fin d'après-midi, l'autobus dans lequel prenaient place les joueurs filait sur la route 175 lorsque la chaussée est devenue glacée.

Le capitaine des Castors Michel Brisebois était assis dans la banquette située à côté de celle de Gaétan Paradis et venait de s'assoupir lorsque le bruit des freins à air l'a réveillé.

«J'ai remarqué que Gaétan dormait encore. J'ai eu comme un pressentiment que nous allions avoir un accident, alors j'ai cherché un endroit pour m'agripper. Lorsque j'ai repéré le porte-bagage au-dessus des bancs, l'autobus s'est mis à déraper puis il a effectué un 180 degrés», explique Michel Brisebois.

«J'ai eu le réflexe de me lever et de m'accrocher au porte bagage. Le Bon Dieu devait veiller sur nous parce qu'il y aurait bien pu avoir plus de morts et de blessés graves. Dans la malchance, nous avons été chanceux. Ça aurait pu être pire», estime Daniel Chicoine, un autre joueur de l'édition 1974-75 des Castors.

L'entraîneur-chef Ghislain Delage était assis à l'avant du mastodonte lorsqu'il a plongé dans le vide.

«Lorsqu'il a perdu le contrôle, le chauffeur s'est jeté à mes pieds. La chute dans le ravin aurait pu être une catastrophe encore plus importante. L'autobus a été arrêté par une grosse roche dans la pente sinon nous serions tombés au fond. Une fois dehors de l'autobus, j'ai tenté de regrouper les gars par trio pour m'assurer qu'il ne manquait personne», raconte Ghislain Delage.

«Je suis resté à la même place où je m'étais accroché. C'était le noir total et ça sentait l'essence. J'ai repéré les cheveux blonds de Gaétan. Il avait traversé la vitre. Il était coincé entre un arbre et l'autobus. Il était plié en deux. Je pense qu'il ne s'est jamais rendu compte de rien. Nous sommes allés sous l'autobus pour le sortir de là», se remémore Michel Brisebois.

Daniel Chicoine se rappelle qu'ils étaient trois ou quatre joueurs à creuser dans la neige pour libérer Gaétan Paradis.

«La toilette a explosé ce qui a blessé gravement Fernand Leblanc au-dessus de l'oeil. Avec le décès de Gaétan et la blessure grave de Fernand, qui étaient mes compagnons de trio, je suis le seul des trois à avoir poursuivi la saison», mentionne Daniel Chicoine.

Certains joueurs ont été éjectés du véhicule avant la chute dans le ravin, alors qu'un autre a été retrouvé dans un arbre. Le gardien de but Nick Sanza, lui, a été découvert dans la soute à bagages à travers les poches de hockey.

C'est Ghislain Delage qui a accompagné Gaétan Paradis en direction de l'hôpital de Chicoutimi, puis qui l'a identifié.

«J'ai annoncé le décès à ses parents. Chacun des membres de sa famille voulait me parler pour savoir ce qui s'était passé. Ils ne voulaient pas le croire», explique Ghislain Delage qui avait acquis le joueur de 18 ans en début de saison lors d'un repêchage spécial.

«Gaétan Paradis était un gars tranquille, à son affaire. C'était un joueur facile à diriger», se rappelle le pilote des Castors.

De retour sur la glace du palais des sports à Sherbrooke pour une pratique après les funérailles de leur coéquipier, les joueurs des Castors ont été accueillis par une foule impressionnante.

«Les gars tenaient à jouer rapidement après les funérailles de Gaétan Paradis. Ils ont eu droit à une belle ovation. C'était vraiment impressionnant. Après l'accident je n'avais plus besoin de motiver les gars. Nous n'avions qu'un seul but : gagner pour Gaétan», soutient Ghislain Delage.

Statisticien pour le Phoenix de Sherbrooke, Serge Gauthier était un fidèle partisan de l'équipe lors des tragiques événements. Il a gardé tous les articles de journaux publiés lors de cette saison mémorable, des copies du livre Ô Castor, Je me souviens publié par le joueur devenu journaliste François Robert ainsi que divers articles en lien avec l'équipe.

«J'avais 15 ans et Gaétan Paradis était mon joueur préféré. Je me souviens que nous avions observé une minute de silence à l'école. C'était très émouvant. Tout le monde à Sherbrooke avait été touché par cet accident», se rappelle Serge Gauthier.

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