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Jean-Philippe Maranda : parcours sinueux vers les Olympiques

Jean-Philippe Maranda vient tout juste de réaliser sa meilleure performance à... (Archives La Tribune)

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(Sherbrooke) Jean-Philippe Maranda vient tout juste de réaliser sa meilleure performance à vie au marathon du Japon, un temps de 1h42 min.

C'est d'autant plus un exploit que l'athlète est spécialisé dans les épreuves de courte distance et que la température était mauvaise le jour où il a parcouru les 42 km. «Il mouillait beaucoup et dans ce temps-là, la surface de contact dans le milieu des roues, faites en caoutchouc, glisse avec nos gants qui sont également en caoutchouc. On a beau mettre une résine, la technique est moins efficace. Je n'y croyais donc pas d'avoir fait mon meilleur temps sous la pluie», explique-t-il.

Les roues dont parle Jean-Philippe Maranda sont celles de son fauteuil roulant. Le Sherbrookois d'adoption est paraplégique. Mais il est surtout, et a toujours été, un athlète.

Avant l'accident de la route qui lui a enlevé l'usage de ses jambes en 2007, Jean-Philippe traçait son chemin en haltérophilie vers les Jeux olympiques de Pékin, en 2008. Il était le meilleur au Canada à l'épaulé-jeté.

S'il a dû faire une croix sur son rêve d'haltérophile, le Beauceron d'origine en caresse maintenant un autre, c'est-à-dire une participation aux Jeux paralympiques de 2016, à Rio de Janeiro. Et il a tout le potentiel pour y arriver. «Je suis assez jeune dans ma discipline, mais j'ai une très bonne progression.»

Il trône d'ailleurs déjà dans le top 5 mondial. Son passé d'haltérophile lui fournit toute la puissance nécessaire pour performer dans les courtes distances. «Je mange mes bas en endurance par contre!» rigole l'athlète.

Mais avant d'atteindre son rêve olympien, Jean-Philippe s'élancera sur la piste des parapanaméricains de Toronto en août 2015, puis aux Championnats du monde, à Doha, quelques semaines plus tard.

«Je trouve que les parapanam sont moins stressants que les Jeux du Canada qui étaient ici à Sherbrooke. T'es chez toi, tu as l'attention de tout le monde. J'avais trouvé ça plus stressant qu'un championnat du monde!» admet-il.

Malgré la nervosité, il s'était emparé de la médaille d'or à la course du 200 mètres et de deux médailles de bronze aux épreuves du 400 m et du 1500 m.

À écouter Jean-Philippe parler de ses projets, on se demande si sa motivation a déjà faibli, ne serait-ce qu'un peu après l'accident qui a chamboulé sa vie.

«Au début je croyais que j'allais remarcher. Et personne ne va oser te dire que ce n'est pas le cas. Puis, rapidement après être sorti de l'hôpital, j'ai recommencé à faire du sport. Il y a quelque chose qui manquait à ma vie; je n'avais plus de routine, ce que l'haltérophilie me procurait.

«J'essayais des sports, mais je les essayais seulement pour me divertir. En 2009, j'ai pris le taureau par les cornes et je me suis dit que je devais me trouver une discipline. J'avais déjà touché à l'athlétisme, mais je n'avais pas accroché puisqu'on m'avait donné un fauteuil dans lequel je n'étais vraiment pas confortable. Puis, en 2009, mon coach m'a dit "prends ce fauteuil, son propriétaire ne le reprendra plus, essaie-le" et c'est là que je suis tombé en amour. J'avais l'impression de revenir trois ans en arrière.»

Jean-Philippe carbure aux performances. Pour lui, rien n'est plus satisfaisant que de battre son propre temps.

«En haltérophilie, c'est avec le poids que tu vois constamment si tu t'améliores. En course, c'est le temps qui compte. Tu peux toujours mesurer ta progression. C'est de ça que j'ai besoin, de savoir que je m'améliore», explique celui qui termine actuellement son baccalauréat en finance, mais qui compte ensuite entreprendre des études en santé.

«J'aime mieux avoir un plan B, même si je pourrais vivre de mon sport. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie», fait valoir l'athlète de 28 ans.

Entre ses voyages à l'étranger pour ses compétitions, ses nombreuses heures d'entrainement - environ 25 h par semaine, six jours par semaine - et ses études, Jean-Phillipe trouve le temps de faire des conférences dans des écoles pour livrer un message de persévérance.

«Quoi qu'il arrive dans la vie, c'est à toi de te fixer des objectifs. La seule limite que l'on peut avoir, c'est celle que l'on s'impose soi-même.»

Visiblement, Jean-Philippe Maranda ne s'en est jamais fixée.

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