La persévérance de Danny Groulx

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Que ce soit pour les Cougars pendant ses années de collège, ou pour le Rouge et Or, Danny Groulx affirme toujours jouer avec la même intensité et le même désir de gagner.

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(Sherbrooke) Danny Groulx était en position de jeu, accroupi, face à Philippe Neil, pour un exercice entre un joueur de ligne offensive et son homologue de la ligne défensive.

Au signal de l'entraîneur, les deux hommes ont explosé l'un vers l'autre afin de voir qui aurait le dessus, simulant ainsi une confrontation digne d'un vrai match de football.

L'expérimenté Neil, déjà une force de la nature en catégorie juvénile, a facilement renversé son opposant, même si ce dernier était plus grand et plus imposant que lui.

Satisfait de son exploit, Neil est retourné vers ses coéquipiers avec le sourire. Il venait de remettre le petit nouveau à sa place.

En se relevant péniblement, Danny Groulx a regardé celui qui allait être son premier entraîneur au football, Marc-Antoine Joseph, des Rebels de LeBer, et il lui a dit, le plus sérieusement du monde : «ça n'arrivera plus jamais, coach».

Originaire de Windsor, le joueur de ligne offensive Danny Groulx, qui évolue avec le Rouge et Or de l'Université Laval au football universitaire québécois, est présentement le quatrième meilleur espoir pour le repêchage de Ligue canadienne de football (LCF), en 2015.

Si les portes de la LCF semblent grandes ouvertes au colosse de 6'8'' et 325 livres, celles de la NFL s'ouvriront peut-être également pour le vétéran de cinq saisons du Rouge et Or.

En effet, les récentes percées américaines des David Foucault, un ancien des Carabins de l'Université de Montréal présentement avec les Panthers de la Caroline, et de Laurent Duvernay-Tardif, un ancien des Redmen de l'Université McGill qui a percé la formation des Chiefs de Kansas City, ont de quoi motiver le jeune homme.

Ce dernier garde toutefois ses grands pieds sur terre.

«Le fait que deux joueurs de ligne offensive aient pu percer la NFL, ce n'est que du positif. Ça prouve qu'il y a un potentiel incroyable non seulement au Canada, mais au Québec aussi. Ça contribue à ouvrir des portes, c'est certain. Oui, la NFL c'est mon objectif, mais je ne mets pas tous mes oeufs dans le même panier. Je refuse de parler à qui que ce soit, agent ou recruteur, tant que la saison ne sera pas terminée. Je veux accomplir mon but personnel à travers un objectif collectif; c'est ce qu'on nous enseigne ici», a indiqué Groulx.

C'est avec le rire facile que Groulx s'est remémoré les souvenirs de ses premiers pas au football.

Malgré l'imposant physique qu'il possédait, fort probablement lié au bagage génétique paternel, c'est plutôt au hockey que le jeune homme a initialement tenté sa chance, étant plus jeune.

«J'ai joué au hockey de MAGH 3 jusqu'à bantam et je peux dire sans fausse modestie que j'étais bien, j'avais un bon coup de patin, un bon sens du jeu et on me disait que je bougeais bien, pour mon physique.»

«Mais après ma première année bantam, je n'avais plus de plaisir et je sentais que je ne pouvais plus suivre mes amis comme je le voulais. Ça s'est arrêté là.»

Sportif dans l'âme, Groulx a tout de même touché à l'haltérophilie et au basket-ball à l'école secondaire le Tournesol de Windsor avant que le destin ne le dirige vers le football.

«C'est un ami de la famille (Danny Mailhot) qui m'a dit qu'il était impossible que je gâche un physique comme le mien; j'étais alors en secondaire III, je mesurais déjà 6'4'' et je pesais 310 livres! On a été à l'Université de Sherbrooke et on a demandé où on pouvait joindre les rangs d'une école de football. Il y avait Du Phare, LeBer et le Séminaire de Sherbrooke, à l'époque. Marc-Antoine Joseph, qui était alors entraîneur avec le Vert & Or, en plus de Rebels, mais alors invité à un entraînement de son équipe», s'est rappelé Groulx.

«En regardant les gars pratiquer, Marc-Antoine m'a demandé à quelle position j'aimerais évoluer, en ligne offensive ou défensive. Quand j'ai vu l'affrontement entre les deux meilleurs joueurs de l'équipe Philippe Neil et Christopher Belley-Rosa, et que ce dernier a eu le meilleur en faisant un ''pancake'' à Neil, j'ai dit au coach : c'est ça que je veux faire!»

Groulx avait trouvé sa voie. Au grand déplaisir des joueurs de ligne défensive des cinq autres formations universitaires au Québec.

«J'ai toujours détesté perdre, je veux toujours gagner, avoir le meilleur sur mon adversaire. Je ne veux pas mal paraître, ni me ridiculiser, alors je prends les moyens pour gagner mes batailles. C'est mon caractère. Même à l'entraînement, je ne relâche pas la pression, ce qui fait parfois rire mon coach (NDLR : Glen Constantin), qui m'appelle le bougonneux.»

Au collégial, avec les Cougars du Collège Champlain, Groulx a eu le même affrontement un contre un avec son coéquipier de la ligne défensive, Eli N'Goyi, qui évolue maintenant pour les Eskimos d'Edmonton (LCF).

N'Goyi a eu le dessus. «Je lui ai dit de savourer sa victoire, que ça ne durerait pas! Et on s'est affronté à quelques reprises chez les universitaires et je me suis bien repris! Je n'ai jamais aimé perdre et j'ai toujours été agressif; c'est ce qui me motive à m'améliorer chaque année.»

Danny Groulx s'est blessé lors du premier match du calendrier 2014 contre les Carabins de l'Université de Montréal.

Il revient au jeu demain, contre les Gaiters de Bishop's, qui sont de passage à Québec.

«Oui, j'ai perdu quatre matchs, mais je compte bien me reprendre pour impressionner les recruteurs. J'avoue que lorsque j'ai vu que j'étais classé 4e pour le repêchage LCF, j'ai trouvé ça gros, très gros. Surtout lorsqu'on repense à tout le chemin parcouru. Mais dans le fond, ce n'est pas une surprise tant que ça; j'ai travaillé fort pour me rendre là. Ce n'est qu'un début, je veux continuer à avancer, je ne suis jamais satisfait.»

Si Danny Groulx veut voir son rêve américain se concrétiser, il devra faire partie du choix des entraîneurs canadiens en vue du East-West Shrine Bowl, disputé en janvier aux États-Unis.

Un seul joueur de l'est du pays et un autre de l'ouest seront ainsi sélectionnés par les entraîneurs des différents programmes universitaires canadiens comme étant ceux qui ont le plus de chances de percer.

«L'aventure de Duvernay-Tardif et de Foucault prouve que c'est possible et c'est excellent pour moi. Mais je ne prends rien pour acquis. Je me concentre sur la présente saison, les séries, et la Coupe Vanier que l'on veut remporter à nouveau.»

Le Rouge et Or sera en quête d'une troisième Coupe Vanier consécutive, en novembre prochain.

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