Le soleil à Anticosti

Pendant que la société Pétrolia procède à des forages pour...

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Pendant que la société Pétrolia procède à des forages pour inventorier le potentiel pétrolier d'Anticosti, la Sépaq prend le virage de l'énergie solaire pour son parc d'hébergement sur l'île. Si l'ardeur du soleil s'avère utile pour le programme d'autonomie énergétique, les conditions de plage ont compliqué notre chasse lors d'un récent voyage.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Mis à part une vingtaine de tuyaux empilés sur un terrain vacant du village de Port-Menier, je n'ai pas vu d'équipement de forage lors de mon récent séjour sur l'île d'Anticosti. Même après avoir roulé sur 150 km entre l'aéroport et notre site d'hébergement.

L'île est vaste, y'a pas mal de chemins secondaires de même qu'un épais couvert d'épinettes pour dissimuler la quincaillerie de Pétrolia, la société inventoriant actuellement le potentiel pétrolier du secteur.

Trois panneaux photovoltaïques nous souhaitent par contre la bienvenue sur le promontoire dominant la mer et les bâtiments du pavillon Vauréal, maintenant alimentés à l'énergie solaire.

« Nous voulions nous inscrire dans le courant des énergies propres et du développement durable tout en visant à accroître notre autonomie énergétique. L'éloignement fait en sorte que les approvisionnements en carburant ou en propane sont coûteux, et parfois même compliqués de par notre situation géographique », présente comme avantages le directeur de la Sépaq Anticosti, Gilles Dumaresq.

L'énergie nécessaire pour éclairer, chauffer et assurer le fonctionnement du système de pompage d'eau du complexe (quatre chalets pour visiteurs, celui des guides, le pavillon principal avec salle à manger ainsi que la « Meat House » pour conserver la venaison des chasseurs) est maintenant fournie par un système solaire d'une puissance de 12 kW. Les accumulateurs peuvent stocker de l'électricité pour environ deux jours de consommation.

Lorsque la demande excède la capacité du réseau solaire, la génératrice au diesel démarre automatiquement pour suppléer. L'usage de celle-ci étant cependant réduit au minimum, les économies sur la facture de carburant (qui était bon an mal an de 30 000 $) doivent assurer un retour sur l'investissement de 150 000 $ à Vauréal.

« Ce plan de conversion énergétique sera également déployé dans les campements McDonald, Chicotte et Jupiter la- Mer. Nous y consacrerons au total autour de 1 M$.

S'ajoute aux considérations économiques le gain environnemental, par la réduction du bruit et des gaz à effet de serre. C'est un virage vert correspondant au profil de notre clientèle de chasseurs et de villégiateurs », fait valoir M. Dumaresq.

À l'invitation de la Sépaq, je suis allé à l'île durant la dernière semaine de septembre. Le soleil était généreux. Trop. Des conditions de plage ont incité les chevreuils à prendre congé des chasseurs.

Comme ici, le dernier hiver a été hâtif et le printemps tardif sur l'île. On nous avait prévenus qu'un taux de mortalité plus élevé rendait la chasse plus difficile cet automne. Au soleil de plomb ce sont ajoutés des vents en rafales et souvent en tourbillons. Les cerfs avaient du nez tout le tour de la tête!

J'ai cherché les mâles dans les couverts ombragés, le long des ruisseaux et dans les éclaircies où il y avait moins de mouches. Pas de prime à l'effort. Nous avons réussi à faire notre chasse, mais tardivement et en étant moins sélectifs.

Je savais par expérience qu'une vague de beau temps n'est pas propice à la chasse au gros gibier, mais il n'y a pas meilleur laboratoire qu'Anticosti pour tester les changements de comportement.

Nous avions vu l'an dernier une quinzaine de cerfs - dont la moitié était des gros mâles - lors d'un safari photo à l'heure du dîner dans les champs de la Pointe-Ouest, une aire protégée longeant le Saint-Laurent. Nous avons répété l'expérience cette année. Même heure, même poste. Sauf qu'il n'y avait pas un chevreuil à la mer.

Quand on peine à voir des cerfs avec une densité 20/km², ça pose le défi de les trouver ici durant l'été indien alors qu'ils sont quatre ou cinq fois moins nombreux.

« Gibier de swamp », comme dit mon père!

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