Éric Lucas au Panthéon des sports

Éric Lucas... (Archives La Presse)

Agrandir

Éric Lucas

Archives La Presse

Partager

(MAGOG) Éric Lucas n'a jamais été le genre à laisser le hasard guider sa vie et encore moins ses combats de boxe. Or, s'il y a quelque chose qui l'a pris complètement par surprise, c'est son intronisation au Panthéon des sports du Québec en compagnie de Ronald Corey (bâtisseur), Luc Robitaille (hockey), Rhona et Rhoda Wurtele (ski alpin), Jacques Villeneuve (sport automobile) et Jamie Salé et David Pelletier (patinage artistique).

«C'est un immense honneur qu'on me fait en me disant que j'ai contribué au patrimoine sportif du Québec.»

Le Magogois d'adoption n'aurait jamais osé penser, ne serait-ce qu'un court instant, avoir son nom dans le même temple sportif que les Maurice Richard, Jean Béliveau, Gilles Villeneuve et combien d'autres. « Ce sont les à-côtés d'une carrière sportive qu'on ne contrôle pas du tout. C'est un immense honneur qu'on me fait en me disant que j'ai contribué au patrimoine sportif du Québec. J'accepte cette marque de reconnaissance avec énormément d'humilité. Il y a beaucoup de gens impliqués dans la carrière d'un boxeur et je ne fais pas exception à la règle. Au moment de mon intronisation, j'aurai une pensée pour toutes ces personnes qui ont cru en moi», a fait valoir l'homme de 41 ans.

Plusieurs images défilent dans la tête d'Éric Lucas, dont celle du gamin de 11 ans qui avait accepté l'invitation d'un copain du quartier Saint-Michel à Montréal pour enfiler des gants de boxe une toute première fois. « Je ne peux pas dire que j'avais raffolé de l'expérience. Me faire taper sur le nez, je ne trouvais pas ça nécessairement plaisant, même que ça me faisait mal. J'aimais toucher à plus d'un sport. J'avais déjà l'âme du sportif et c'est probablement ce qui m'a poussé à ne pas lâcher la boxe jeune adolescent», de confier Lucas qui est toujours demeuré reconnaissant envers sa mère si le sport a occupé une place primordiale dans sa vie.

« Je n'ai pas connu mon père. Ma mère nous a élevés seule mon frère et moi. Elle réalisait que le sport me permettait de m'épanouir. Malgré une situation financière précaire, elle a toujours agi de façon à ce que je ne sois pas privé de mes sports favoris. Cela m'a aidé aussi à me tenir loin des milieux douteux dans lesquels il est facile de tomber et de se laisser manipuler. »

De l'aveu même du principal intéressé, le sport n'a pas fait de Lucas seulement le champion mondial qu'il est devenu. « Ce serait d'oublier l'essentiel. Le sport est une école de vie et ça fait partie de l'éducation qu'on peut apporter à un jeune. Le sport y est pour beaucoup dans la personne que je suis devenue, entre autres au niveau de la discipline que je m'impose. »

Athlète courageux

Les Québécois aiment s'identifier aux athlètes courageux, ceux qui n'ont pas froid aux yeux et qui partent au bas de l'échelle pour grimper au sommet. Comment mieux décrire Éric Lucas? Celui-ci admet sans détour que parmi ses rares défaites, quelques-unes l'ont presque élevé au rang de superstar avant même qu'il s'approprie son titre mondial en 2001.

Il suffit de penser à son affrontement contre le Français Fabrice Tiozzo dans une catégorie de poids supérieure à la sienne et face à Roy Jones, considéré comme le meilleur boxeur du monde livre pour livre. En l'espace de six mois, Lucas s'était tenu debout contre ces deux boxeurs qu'on disait intouchables. Lucas venait de gagner une légion d'admirateurs, même sur le vieux continent où il avait failli surprendre Tiozzo.

Après son combat contre Jones dont plusieurs parlent encore, Lucas était persuadé qu'il allait devenir champion du monde. « Il n'y avait plus de doute dans mon esprit. Je savais que ça viendrait un jour. Finalement, cela aura pris cinq ans», se remémore celui qui exploite maintenant un bar laitier sur la rue Principale à Magog.

La consécration est venue le 10 juillet 2001 alors qu'il avait ravi la ceinture à l'Anglais Glenn Catley. Au total, Lucas aura pris part à huit combats pour le championnat du monde, en gagnant quatre. « C'est évident que la conquête de la ceinture mondiale demeure le plus beau souvenir de ma carrière, d'autant plus que ça se passait devant les miens et que nous avons été des milliers à vibrer en même temps. Comment oublier?»

Pas si mal pour un athlète qui, à ses débuts, boxait dans l'ombre de Stéphane Ouellet, celui à qui on prédisait qu'il décrocherait la lune. « Il ne fallait pas être un grand expert à l'époque pour réaliser que Stéphane représentait le boxeur d'avenir entre nous deux. Mais rendu à un certain niveau le talent ne suffit plus. Il faut y mettre les efforts. Stéphane est un gars correct et il ne m'a jamais jalousé. Il s'est toujours réjoui pour moi », révèle Lucas.

Homme discret s'il en est un, gentleman boxeur, la célébrité ne l'ayant jamais changé, Éric Lucas aura toujours réussi à faire l'unanimité derrière lui. Aujourd'hui, c'est avec la même unanimité qu'il fait son entrée au Panthéon des sports du Québec.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer