Le chef libéral devait rencontrer les commerçants du marché de la Gare dans sa ville natale, mais une cinquantaine de manifestants l'attendaient en scandant des slogans peu flatteurs à son égard. Une dizaine de policiers étaient sur les lieux pour encadrer la manifestation, qui s'est déroulée sans grabuge.
M. Charest a préféré annuler l'activité pour éviter que les commerçants souffrent des perturbations, a-t-il expliqué un peu plus tard en point de presse. Ce n'est pas un concours de «machisme», a signalé le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) afin d'expliquer son choix, ajoutant préférer laisser «la culture d'affrontement aux autres».
«Quand on se rend visiter des gens dans un commerce, dans un endroit public, on menace de nous déranger et de perturber, moi, je pense que ça dépasse les bornes que je suis prêt à accepter», a-t-il lancé.
Il a promis qu'il allait se reprendre et allait avoir l'occasion de faire ses courses une autre fois.
La manifestation s'est organisée spontanément, a expliqué l'un des participants, Maxime Joyal-Lambert, étudiant en psychologie à l'Université de Sherbrooke.
«Le but, c'est que le Parti québécois (PQ) soit majoritaire, pour bloquer le plus possible toutes les lois disgracieuses qui ont été passées par le PLQ», a-t-il expliqué, interrogé sur l'enjeu du scrutin du 4 septembre.
À l'époque où il était étudiant, M. Charest était lui-même fortement engagé dans le mouvement étudiant et, de son propre aveu, «savait organiser des grèves», peut-on lire dans une biographie sur lui rédigée par André Pratte. Quelle est la différence entre ses actions d'alors et les manifestations d'aujourd'hui?
«On l'a fait dans le respect des autres et des lois, sans intimidation ni violence. C'est simple comme ça», a rétorqué le chef libéral.
«Il ne nous aurait jamais traversé l'esprit à ce moment-là de ma vie de poser des gestes de violence et d'intimidation. Jamais, jamais, jamais.»
Le conflit étudiant, contrairement à ce que les analystes présageaient avant la campagne, s'est fait discret ces dernières semaines. Si la manifestation de mercredi est un signe que la mobilisation étudiante persiste, tous ignorent si ces étudiants contre la hausse des frais de scolarité se prévaudront de leur droit de vote. Y compris M. Charest.
«Je ne le sais pas. J'invite le plus grand nombre de Québécois à se prononcer, incluant ceux qui ne sont pas d'accord avec moi», a-t-il souligné.
M. Charest visitait Sherbrooke pour la cinquième fois mercredi depuis la veille du déclenchement de la campagne électorale, alors que sa victoire est loin d'être acquise dans sa circonscription. Son adversaire du Parti québécois, Serge Cardin, semble mener la course, mais le leader du PLQ ne baisse pas les bras.
Même s'il n'habite plus son comté, M. Charest est convaincu que ses électeurs lui feront à nouveau confiance le jour du scrutin, compte tenu de ses racines profondes dans la région.
Il est allé jusqu'à prédire un gouvernement libéral majoritaire le soir du 4 septembre.
Asbestos
Au cours de l'après-midi, le chef du Parti Libéral, Jean Charest, avait reçu un accueil enthousiaste, alors qu'il était de passage pour prêter main-forte à sa candidate dans Richmond, Karine Vallières. Il a fait son entrée dans une salle du Centre commercial d'Asbestos sous des applaudissements nourris, un accueil chaleureux comme il en aurait souhaité un peu partout tout au long de cette campagne électorale.
Après avoir serré de nombreuses mains, il s'est adressé à une foule de plus de 200 partisans, d'abord en rendant hommage à un de ses plus fidèles collaborateurs, le député de Richmond et ministre des Affaires intergouvernementales, Yvon Vallières, lequel prendra officiellement sa retraite de la vie politique mardi prochain. Il a par la suite présenté celle qui tente de garder le comté sous la bannière libérale, Karine Vallières, la fille de son ami Yvon.
- Avec Yvan Provencher
Textes complets dans La Tribune de jeudi.
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