«Le voyage a été très fatigant. Je me sens très triste, mais je dois rester fort. Je dois prendre soin de moi et mener une vie très discrète pour protéger ma vie», a déclaré M. Castro en entrevue téléphonique, une semaine après son expulsion du Canada.
Beaucoup de choses ont changé depuis son départ de Colombie, il y a 20 ans. Il doit s'habituer au bruit et au trafic de la capitale qui compte aujourd'hui quelque sept millions d'habitants et son corps doit se réadapter à une altitude de 2600 mètres au-dessus du niveau de la mer.
M. Castro demeure très prudent. À part quelques rares sorties à l'église ou au supermarché, il se terre chez ses parents âgés de 89 et 79 ans.
«Je fais beaucoup de lecture en français pour ne pas oublier la langue, me perfectionner et ainsi obtenir un excellent résultat lorsque je devrai passer les examens du ministère de l'Immigration. Aussi, tous les matins, je me recueille et je prie Dieu. Je Le remercie d'avoir retrouvé mes parents en bonne santé et je Lui demande de m'aider à retourner le plus tôt possible auprès de mes proches à Sherbrooke», explique-t-il.
Nancy Gosselin, adjointe du député Pierre-Luc Dusseault, a parlé régulièrement à M. Castro depuis son retour en Colombie. « Il s'installe chez ses parents. Il décompresse. Et il commence à s'inquiéter. Il réalise qu'il n'est plus au Québec et craint que les démarches pour revenir ne fonctionnent pas. Il s'inquiète pour son avenir et sa sécurité «, relate Mme Gosselin qui assure que M. Castro a en main tous les formulaires requis pour sa demande d'immigration au Canada à titre de travailleur qualifié.
«Il remplira toute la documentation dans les prochains jours. Il doit aussi attendre la livraison de quelques documents officiels exigés. Une fois le tout complété, je réviserai le tout. Pour ces démarches, on doit passer par le bureau du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles à Mexico», précise Mme Gosselin.
Le syndicaliste qui avait quitté son pays à la suite de menaces de mort dit ne pas avoir été menacé depuis son arrivée en sol colombien. «Si c'était le cas, il pourrait se réfugier à l'ambassade du Canada », souligne Mme Gosselin.
Les démarches préalables au retour du technicien en laboratoire de 49 ans au Canada peuvent prendre, si elles sont fructueuses, entre 6 mois et un an, estime Mme Gosselin.
Pendant l'entrevue téléphonique d'hier, merci a été le mot le plus souvent répété. «Je veux que vous disiez merci à toute la population sherbrookoise en mon nom, car je suis très reconnaissant. Merci beaucoup», a insisté M. Castro.