En milieu de l'après-midi, ils étaient des dizaines de supporteurs rassemblés dans les corridors de l'édifice du ministère de la Justice sur la rue King Ouest en attendant la comparution de Nicolas Lachance Barbeau, accusé d'entrave et de voie de fait à l'endroit d'un policier.
Le jeune homme a été remis en liberté sous conditions.
La manifestation que les étudiants avaient amorcée mardi matin devant et dans les bureaux de la Chambre de commerce de Sherbrooke, au centre-ville, s'était déplacée au poste de police de la rue Maurice-Houle en fin d'avant-midi.
Les manifestants réclamaient que l'étudiant arrêté plus tôt soit libéré. Toutefois, la direction du Service de police de Sherbrooke (SPS) leur a fait savoir qu'il demeurait détenu et devrait comparaître en après-midi au palais de justice de Sherbrooke pour répondre d'accusations.
Les étudiants se sont regroupés pour discuter de la suite des choses.
Le quartier général est ceinturé de clôtures. Plusieurs policiers montaient la garde.
«La vision commerciale de l'éducation»
Les étudiants avaient poursuivi leur mouvement de protestation, mardi matin au centre-ville de Sherbrooke pour marquer leur opposition à la hausse des droits de scolarité. Une manifestation a débuté devant le 200 de la rue Belvédère, où logent des bureaux du gouvernement provincial.
Un groupe d'environ 150 étudiants a par la suite occupé les locaux de la Chambre de commerce de Sherbrooke «pour protester contre la vision commerciale de l'éducation». De plus, les étudiants réagissaient aux propos du président de la Chambre de commerce, Dany Sévigny, qui s'est prononcé récemment en faveur de cette hausse dans les pages de La Tribune.
«La Fédération des chambres de commerce du Québec appuie la hausse des frais de scolarité. C'est triste pour certains, mais je crois que c'est nécessaire. Ça fait trop longtemps que ces frais n'ont pas été augmentés alors que tout le reste a augmenté. C'est un peu comme un propriétaire qui n'aurait pas augmenté ses loyers pendant des décennies et qui soudain voudrait ramener le tarif à sa juste valeur. Cette hausse aurait dû être faite depuis longtemps, de façon progressive, afin que toutes les générations paient leur part. On a appris que la retraite passerait de 65 à 67 ans. Les personnes plus âgées feront leur part, les étudiants aussi doivent la faire.», avait-il soutenu.
Cette nouvelle occupation était organisée par les étudiants aux cycles supérieurs en lettres et communications de l'Université de Sherbrooke (AGEMDELCUS). Pour l'occasion, ils ont lu quelques poèmes engagés, certains de leur propre cru, d'autres ayant marqué les l'histoire des luttes sociales au Québec.
Peu avant 11h, ils ont levé leur siège, collaborant à l'avis d'éviction qui leur avait été signifié. La manifestation se déroulait sous haute surveillance policière. Les membres de l'unité de contrôle de foule avaient été demandés sur place et se préparaient à intervenir.
Un manifestant a été arrêté pour entrave au travail d'un policier et pour voies de fait. Il a été amené au quartier général du Service de police de Sherbrooke.
Texte complet dans La Tribune de mercredi.
http://www.latribunesurmonordi.ca/