La marche du pardon, de la Colombie à Sherbrooke

Un peu en retrait, essayant de rattraper la foule d'une centaine de personnes... (Imacom, Maxime Picard)

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Imacom, Maxime Picard

Véronique Larocque

(Sherbrooke) Un peu en retrait, essayant de rattraper la foule d'une centaine de personnes qui avait quitté l'ancienne église Notre-Dame-de-l'Assomption il y a quelques minutes à peine, Julieth Salamanca, 16 ans, Martha Gulmoin, 36 ans, et leur famille respective pressaient le pas. Catapultées dans un monde où tout leur est étranger il y a huit mois, ces deux familles Colombiennes participaient pour la toute première fois au Québec à une tradition qu'elles connaissent bien : la marche du pardon.

« C'est important d'être ici pour se souvenir de la résurrection de Jésus », explique Martha Gulmoin, entremêlant les mots de français et d'espagnol. Pour la femme, la religion est très importante. « En Colombie, il y a plus de respect pour la religion », explique-t-elle, alors que le cortège de croyants s'avance sur la rue du Souvenir.

Il s'agit là d'une des nombreuses grandes différences que Martha a remarquées au sujet de la religion depuis son arrivée au Québec. « Il y a moins de personnes pratiquantes aussi », ajoute-t-elle.

Même dans les traditions, il y a de grandes dissemblances. Par exemple, lors de la marche du pardon en Colombie, un acteur déguisé porte la croix et les milliers de croyants qui le suivent marchent en chantant, raconte la jeune Julieth. À Sherbrooke, il y a bien une croix, mais le chemin se fait sans costume ni chanson. Le groupe préfère le silence pour se recueillir et prier.

Le petit nombre de pratiquants au Québec inquiète-t-il les deux nouvelles Sherbrookoises? « Un peu », répond l'adolescente.

Cette inquiétude, Andréa et Tania Paré, qui se trouvaient quelques pas derrière, la partagent. Ce duo mère-fille craint que les valeurs catholiques ne soient plus transmises. « J'ai très peur depuis qu'ils ont enlevé les cours de catéchèse à l'école », indique Tania. « La religion aide à passer les épreuves. Nos jeunes vont s'accrocher à quoi? » se questionne sa mère.

Après l'écoute d'une prière, Andréa Paré ajoute : « On sort tellement en paix d'une activité comme celle-ci. Si plus de gens y participaient, il y aurait beaucoup moins de violences. »

Parti à 12 h 45 de la rue Saint-Michel, le groupe a poursuivi son chemin jusqu'au Sanctuaire de Beauvoir pour assister à une messe célébrée par Mgr Donald Lapointe. Avant le début de la marche du pardon du Vendredi saint, Mgr Lapointe avait béni les fidèles en demandant au Seigneur de leur donner de la force, du courage et de la joie à travers cette procession.

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