Le président-directeur général (pdg) de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie a été pris à partie lundi en conférence de presse par le Regroupement des organismes communautaires (ROC) de l'Estrie: on lui reproche son penchant pour le privé en santé et le fait que la clientèle peut ainsi mieux faire respecter ses droits que dans le réseau public.
« C'est outrageant... C'est très préoccupant de voir la façon dont un représentant du gouvernement en région se fait le promoteur du privé. Selon lui (le Dr Baron), le fait de payer directement pour des soins est un gage de meilleur respect des doits », dénonce le président du ROC de l'Estrie, Sylvain Dubé.
Il était accompagné des directeurs interne et externe de l'organisme, Christian Bibeau et Pierre-Philippe Lefebvre, lors de cette sortie faisant suite à un colloque sur les droits des usagers, le 29 octobre. C'est là que le Dr Michel Baron aurait prononcé ses paroles incendiaires et « impropres de la fonction d'ambassadeur de services publics de qualité » qu'il doit défendre en Estrie.
« On est témoin de ce qu'il a dit (au colloque) devant une certaine de personnes. Même qu'il est fier de se faire traiter dans le privé parce qu'il obtient alors de meilleurs droits à la santé que dans le régime public », a émis M. Dubé.
«Je suis là pour défendre le système public»!
Le Dr Michel Baron se défend bien des intentions qu'on lui prête: «Je suis là, comme l'ensemble des gens de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie, pour défendre le système public»! Selon le pdg de cette organisation, le contexte de son propos lors du colloque du 29 octobre n'a pas été pris en compte et un seul représentant d'organisme communautaire a reporté le tout au ROC, sans les nuances qui s'imposent.
Le Dr Baron, pour illustrer l'importance des droits des usagers dans le réseau public, avait fait le parallèle avec ce qu'il lui est arrivé de vivre pour la prestation de services au privé, comme dentiste, optométriste ou autre, non couverts par le régime public.
«J'ai simplement mentionné que personnellement, quand je vais chercher un service en santé dans le privé, j'ai parfois l'impression que mes droits sont mieux respectés que dans le public, parce que je paie directement. Pourtant, j'en attendrais pas moins du respect de mes droits dans le public, où c'est payé par mes impôts», a-t-il relaté.