C'est l'étonnante et spectaculaire conclusion de l'étude réalisée par la professeure, chercheure et clinicienne en médecine interne Dre Danielle Pilon et que publie aujourd'hui l'influent Canadian Journal of Medical Association dans le monde médical et scientifique.
«Les facteurs de risque comme l'hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, l'obésité notamment sont bien connus dans un épisode d'infarctus. L'idée de départ de l'étude entreprise il y a près de trois ans c'était de vérifier la possibilité d'autres facteurs de risque, comme les infections pouvant jouer sur l'athérosclérose qui mène à l'infarctus. Conséquemment, on a analysé les dossiers de 4000 patients de la région pour réaliser que l'ensemble des patients vaccinés au Pneumovax, donc à l'abri d'une infection, avaient jusqu'à 50 pour cent moins de risque de faire un infarctus. Les résultats nous ont même étonné», signale la patronne de l'étude aidée de deux de ses étudiants d'alors, François Lamontagne et Jean-Christophe Carvalho.
Danielle Pilon, associée depuis huit ans au CHUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de Sherbrooke, préfère cependant la prudence. Malgré les vérifications et contre-vérifications de la part de ses pairs; une étape obligatoire avant la diffusion dans la bible des médecins canadiens.
«Je ne voudrais surtout pas lancer le message à l'effet que tout le monde parte demain matin se faire vacciner contre la pneumonie. Je pense cependant que l'étude offre une percée intéressante qui vaut la peine d'être fouillée davantage. En tout cas, j'ai l'intention de continuer de m'y pencher», dit-elle.
Aussi, dans l'intervalle, Dr Pilon suggère que pour se donner «plus de chance» de limiter les risques d'infarctus, les gens concernés par le programme de vaccination contre la pneumonie devraient plus largement en profiter. Le vaccin est gratuit pour les personnes de 65 ans et plus souffrant de maladies chroniques. Et une seule dose suffit habituellement pour la vie. «Mais dans notre étude, on a constaté que seulement 20 pour cent des gens avaient été vaccinés contre la pneumonie», déplore Dre Pilon.
Du reste, elle se dit «doublement fière» que son étude soit une affaire strictement régionale: les banques de données utilisées concernent uniquement des patients de l'Estrie et le tout a été fait en collaboration et avec le support financier de l'Agence de santé et des services sociaux de l'Estrie.