Vous allez nous payer quand?

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Luc Larochelle
Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Les troupes ont beau être éparpillées avec des membres derrière les barreaux et d'autres en cavale pour se soustraire au mandat d'arrestation émis contre eux, les Hells Angels restent une famille tricotée serrée.

Une centaine d'entre eux sont venus samedi dernier à Sherbrooke assister aux funérailles de Renald «Canard» Custeau et semblable solidarité, ouvertement affichée, avait été exprimée en septembre à Montréal suite au décès d'un autre vétéran du groupe, Gaétan Comeau.

Dites, les gars, on livre le compte de taxes municipales à quel endroit cette année pour le bunker?Les envois postaux des dernières années au domicile de Guy Auclair, le répondant de la compagnie à numéros 2314-3639 Québec Inc. propriétaire des lieux, sont restés lettre morte. Ça s'explique.

M. Auclair est au nombre des motards incarcérés. Il a réglé ses comptes avec la justice en août dernier mais il ne sera pas de retour à Sherbrooke à temps pour régler la facture des services municipaux. Les comptes de taxes doivent partir durant la semaine du 21 janvier alors qu'il lui reste une bonne dizaine d'années de pénitencier à purger.Pour dire vrai, la Ville n'attend pas de chèque dans l'immédiat, pas plus qu'elle n'a reçu de paiements ces trois dernières années. Malgré cela, elle ne se fait pas de soucis.

Elle finance à un taux avantageux pour les contribuables la créance du groupe de motards, avec l'assurance que tôt ou tard elle recevra son dû. La démarche a fait moins de tapage ici qu'à Trois-Rivières (bien qu'elle soit la même), la Ville de Sherbrooke a obtenu il y a quatre mois de la Cour municipale un jugement condamnant les Hells à rembourser la somme de 14 100,48$ plus des intérêts au taux annuel de 12 pour cent. S'ajoutera bientôt au solde la facture de 2013, à la hausse, puisque la valeur du bunker a été majorée de 66100$ dans le nouveau rôle municipal, une appréciation de 17 pour cent. Les taxes seront dorénavant calculées sur une valeur de 454 800$. Quelqu'un veut contester?

Les motards ne rouspètent pas fort ces temps-ci. La requête introductive a été accordée en septembre sans avoir été débattue puisque la défenderesse n'était pas représentée lors de l'audience.«Il nous fallait agir puisque le délai de prescription de trois ans approchait. À défaut d'un tel jugement, la Ville aurait risqué de perdre les sommes réclamées. Nous n'avons cependant aucune idée du moment où nous pourrons exercer le jugement. Nous devons attendre que l'ordonnance de blocage soit levée», explique Me Éric Martel, l'avocat ayant piloté le dossier pour la Ville

.Inoccupé, le bunker de Lennoxville est parmi les nombreuses propriétés appartenant à des motards qui sont frappées d'un blocage judiciaire depuis l'opération SharQc d'avril 2009.

«Cette mainmise sera maintenue tant et aussi longtemps que tous les procès ne seront pas terminés. Comme on le sait, il y a report jusqu'au mois de mars de certains dossiers concernant des Hells de Sherbrooke. Ce n'est qu'une fois que les jugements auront été rendus que nous débattrons de la saisie et, le cas échéant, de la meilleure manière d'en disposer», rapporte Claire Lessard du Bureau de lutte aux produits de la criminalité.Au rythme où la justice progresse, le toit du bunker a le temps de couler!

Que vaudra notre police d'assurance (l'évaluation municipale du bâtiment est de 300 900 $), si la Ville doit se rabattre sur une propriété en décrépitude ?«Nous veillons à l'entretien minimal des propriétés pour en protéger la valeur et ce, à même l'argent saisi lors des opérations policières. Ce ne sont donc pas des dépenses aux frais des contribuables», précise Mme Lessard.

Entretien minimal, vous dites. Le conifère géant que le vent a rabattu sur la clôture du bunker, il y déjà plusieurs mois, n'a pas été débité même s'il ouvre une brèche vers une forteresse où, autrefois, il n'était pas recommandé de s'aventurer.

On prend leur argent d'une main et on leur charge quasiment l'intérêt d'un prêt usuraire, les Hells vont finir par nous prendre pour des escrocs!

L'ordonnance de blocage est également maintenue sur deux terrains enclavés, voisins du bunker, qui appartiennent à des tiers mais qui ont été transigés par des membres du groupe criminalisé.

«Même s'il nous est interdit de vendre ou de procéder à des aménagements sur notre terrain, nous continuons à payer les taxes municipales comme si rien n'était. Ça demeure à nos yeux un bon placement», commente à cet effet Gilles Samson, actionnaire et gestionnaire des biens immobiliers de la compagnie Excavation Charles Grenier.Une maison de campagne quasiment en plein centre-ville,  avec une forêt mature de 125 000 m², c'est rare! Gardez un oeil sur les propriétés à vendre pour taxes, l'aubaine pourrait venir qu'à passer.

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