Sur le tard

ÉDITORIAL / Le gouvernement fédéral a failli, en partie du moins, à sa... (Associated Press)

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Associated Press

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le gouvernement fédéral a failli, en partie du moins, à sa responsabilité de démontrer qu'il était au fait de la situation et prêt à venir en aide aux centaines de touristes canadiens qui ont vécu un week-end d'angoisse dans les Antilles, livrés aux assauts de l'ouragan Irma.

Cette situation s'explique mal puisque l'on savait depuis le début de la semaine dernière que cet ouragan d'une puissance quasi inégalée s'en venait.

Il est évident qu'Ottawa ne pouvait porter immédiatement secours à ses ressortissants pris au piège aux îles Turks-et-Caïcos et à Saint-Martin, principalement, où les infrastructures ont été dévastées et les aéroports fermés.

Toutefois, pendant que les grands médias suivaient la situation d'heure en heure durant le week-end et même avant, il était du devoir du gouvernement d'être présent et dire ce qu'il entendait faire pour aider les Canadiens coincés en zones sinistrées. On a plutôt eu droit à un quasi-silence.

Il serait injuste de dire que le gouvernement s'est croisé les bras, mais on n'a guère senti qu'il était à l'écoute.

Lors de la crise du verglas de janvier 1998, l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et les porte-parole d'Hydro-Québec donnaient des points de presse quotidiens pour informer et rassurer la population privée d'électricité, tout comme l'avait fait l'ancienne première ministre Pauline Marois à la suite de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, en juillet 2013.

Les voyageurs ont bien sûr la responsabilité de s'informer des risques d'ouragan avant de partir.

En outre, a rappelé hier le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ils ont intérêt à utiliser le Service d'inscription des Canadiens à l'étranger, qui permet au gouvernement du Canada de les aviser en cas d'urgence à l'étranger et de recevoir des renseignements importants avant ou pendant une catastrophe naturelle.

Selon le réseau CBC, près de 9000 Canadiens avaient informé Affaires mondiales Canada qu'ils étaient dans le sillon de l'ouragan Irma, dont 368 ont demandé l'aide du gouvernement fédéral pour être rapatriés.

Lundi, les ministres Chrystia Freeland, des Affaires étrangères, Marie-Claude Bibeau, du Développement international, et Marc Garneau, du Transport, ont affirmé leur soutien aux sinistrés et annoncé que leur gouvernement était en contact avec les autorités des pays touchés en vue d'organiser le rapatriement des citoyens canadiens aux îles Turks-et-Caïcos et à Saint-Martin.

Durant l'après-midi d'hier, près de 370 touristes devaient être rapatriés à bord de vols d'Air Canada et de West-Jet. Un appareil militaire se rendra aussi dans la région pour évacuer ceux qui n'auront pu utiliser des vols commerciaux.

On peut parler de problèmes de personnes nanties, mais pourquoi l'aide a-t-elle été si longue à venir et pourquoi nombre de touristes canadiens et leurs proches se sont-ils sentis laissés à eux-mêmes?

On peut comprendre que contrairement à la Grande-Bretagne, à la Hollande et à la France, qui ont une présence et des intérêts dans ces pays, le Canada doit composer avec les priorités des dirigeants locaux et la disponibilité des pistes d'atterrissage, sans compter les problèmes de communication en raison des pannes d'électricité.

Mais pourquoi ne pas avoir plutôt dépêché des avions militaires pour rapatrier les Canadiens pris au piège dans les Antilles, comme l'on fait les États-Unis, la Hollande et la Grande-Bretagne au cours des derniers jours, au lieu de s'en remettre aux compagnies aériennes?

Ottawa donne l'impression d'avoir manqué de préparation et d'avoir agi sur le tard alors que des citoyens canadiens étaient en danger.

Il n'est jamais simple d'organiser les secours sur le terrain, mais le gouvernement fédéral devra faire un bilan de toute cette histoire et s'ajuster alors que les événements climatiques extrêmes comme Irma risquent de se produire de plus en plus fréquemment.




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