La baisse d'impôts de François Legault

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Le chef de la CAQ, François Legault, a toujours été à l'aise dans les débats économiques. Mais il admettra qu'une baisse d'impôts dès cet automne serait prématurée.

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ÉDITORIAL / François Legault demande au gouvernement d'accorder une baisse d'impôts de 1000 $ par famille dès cet automne. Ce n'est pas la première fois qu'il fait une telle demande, mais elle s'inscrit maintenant dans la campagne en cours en vue de l'élection complémentaire du 2 octobre dans Louis-Hébert pour remplacer Sam Hamad. Consentir à une telle demande en campagne électorale serait irresponsable, et perçu comme une basse tentative de séduction de l'électorat.

Le chef de la CAQ a toujours été à l'aise dans les débats économiques. Mais il admettra qu'une baisse d'impôts dès cet automne serait prématurée. C'est vrai que l'économie du Québec va bien et qu'il serait théoriquement possible de diminuer le fardeau fiscal des contribuables. Mais attention! Une telle baisse d'impôts serait une mesure récurrente, peu importe la situation économique dans les années à venir.

Le cadeau proposé par M. Legault serait de 500 $ par contribuable gagnant moins de 150 000 $ par année. Ce qui ferait donc 1000 $ par familles dans le cas d'un couple répondant à ce critère. La CAQ estime que cette mesure coûterait 1,7 milliard $ et « pourrait être financée à même les surplus budgétaires actuels ». Mais rien ne permet de prédire que ces surplus budgétaires seront encore au rendez-vous dans deux ou trois ans.

La proposition de la CAQ vise sa clientèle, celle des jeunes familles. Mais c'est une clientèle à laquelle il sera très difficile de retirer un tel cadeau si l'économie se détériore.

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, déposera un budget en février. C'est à l'occasion de ce budget et non pas dans la tourmente partisane d'une élection complémentaire qu'il faut discuter du fardeau fiscal des Québécois.

Les campagnes électorales mettent trop souvent en péril le sain état des finances publiques. Tous partis confondus, les politiciens se déguisent alors en pères Noël. Une fois au pouvoir, ils s'empressent généralement de calmer les attentes en échelonnant leurs promesses électorales sur de longues périodes de temps. La baisse d'impôts proposée dès cet automne par François Legault ne pourrait pas être échelonnée.

Le grand danger qui nous guette est de voir nos élus multiplier de telles promesses. Quand il y a de l'argent quelque part, les élus salivent... Or il y a de l'argent à l'heure actuelle dans le Fonds des générations : plus de 10 milliards $, et ça augmente rapidement. Péquistes et caquistes ont déjà suggéré de puiser dans cette cagnotte. Plus le Fonds sera riche, plus la tentation sera grande.

Mais on oublie trop souvent que ce fonds a été créé pour réduire la dette du Québec, et que les agences de crédit le tiennent en compte pour déterminer notre cote de crédit, c'est-à-dire le coût de nos emprunts. Toute utilisation à d'autres fins aurait pour effet de reporter la diminution de la dette à plus tard. Voilà pourquoi il serait peut-être opportun d'affecter annuellement une proportion des revenus du Fonds au remboursement immédiat de la dette. On enverrait ainsi un signal clair aux contribuables, à savoir que ce fonds est destiné à la dette et non pas aux dépenses courantes. En limitant ainsi la croissance du Fonds, on le rendrait moins séduisant pour les politiciens qui veulent y puiser à des fins électoralistes.

Quant à la proposition de réduction des impôts de François Legault, il faudra en discuter dans un contexte budgétaire sérieux et non pas dans un contexte préélectoral partisan. Parce que si l'économie du Québec va bien, nous ne sommes pas à l'abri d'une autre récession. Les déficits du gouvernement Trudeau après plusieurs années de surplus budgétaires devraient nous inciter à une plus grande prudence.




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