Nous faisons fausse route! Vraiment?

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La Tribune

(Sherbrooke) (...) Dans le cadre d'une entrevue douteuse avec le Doc Mailloux réalisée par Steve Roy dans le cadre de l'émission « Que l'Estrie se lève » le 22 août 2017, il se dégage des attaques spécifiques à la campagne provinciale « Sans oui, c'est non! » pour prévenir les violences sexuelles sur les campus, à la ministre Hélène David et au mouvement général contre les violences à caractère sexuel. Le tout est évidemment agrémenté de propos discriminants et sexistes sur les femmes du Québec. Ce type d'entrevue vient encore une fois banaliser les violences sexuelles et discréditer les nombreux efforts pour y remédier. Qu'en est-il maintenant de la réalité?

En 2016, lors de l'enquête ESSIMU sur la violence sexuelle en milieu universitaire dans six universités québécoises, plus du tiers des 9284 personnes participantes (70,6 % d'étudiants et d'étudiantes; 71,3% de femmes) ont rapporté avoir subi une forme de violence sexuelle depuis leur arrivée à l'université. (...)

La majeure partie de l'entrevue est basée sur l'opinion du Dr Mailloux sur le consentement. Il insinue qu'il est ridicule de devoir donner un consentement verbal pour avoir une relation sexuelle. (...)

Monsieur Mailloux, Monsieur Roy, il y a effectivement différentes façons de demander le consentement sexuel : « Aimes-tu ça? As-tu du plaisir? Est-ce que ça te plaît? » Oui, le consentement, c'est une question qui se pose! Nous trouvons également dommage de devoir expliquer à M. Mailloux et M. Roy qu'il ne faut pas absolument verbaliser son consentement de la sorte! « J'ai mal à la tête » veut dire non, l'inaction veut dire non, avoir trop bu veut dire non. Et rappelons que le silence ne veut pas dire OUI. Non, le consentement ne doit pas être établi dans un contrat notarié, il s'agit de s'assurer que les deux partenaires sont à l'aise avec les relations entreprises, avant et pendant. Rien de la sexualité d'une autre personne n'est un droit ou acquis, qu'on soit en couple ou non! Au lieu de parler de la problématique des violences sexuelles dans les universités et de discuter des solutions possibles, on ridiculise le mouvement. (...) Nous questionnons la pertinence de véhiculer en ondes des fausses informations et des propos misogynes et rétrogrades comme il est le cas tout au long de cette entrevue. (...)

Maggie Fredette et 13 autres signataires

Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Agression Estrie




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