Le devoir d'accompagner nos proches

Il y a un an hier, soit le 18 août 2016, ma mère perdait son conjoint et, ma... (Archives, La Presse)

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La Tribune

(Sherbrooke) Il y a un an hier, soit le 18 août 2016, ma mère perdait son conjoint et, ma soeur et moi, un papa merveilleux.

Lors de son admission à l'urgence, le 14 août, le médecin nous a informés qu'il ne lui restait que quelques jours à vivre. Étant donné qu'il n'y avait pas de lit disponible aux soins palliatifs, il fut placé en gériatrie (en attente pour un lit en CHSLD), mais dans une chambre individuelle.

Étant donné que papa était mourant et qu'il n'aurait pas dû occuper un lit au 5e étage, l'image d'une colombe aurait dû être apposée sur la porte de sa chambre et dans son dossier, une note stipulant qu'un patient en phase terminale s'y trouvait aurait dû y être ajoutée et ce dans le seul et unique but d'éviter de graves erreurs.

À cause de ces manquements, il a plutôt été soigné comme un patient agité en attente pour un lit en CHSLD.

Son lit était évidemment doté d'un bouton rouge tel que le lui avait mentionné le personnel de soutien, mais il était trop confus pour s'en servir. Aussi, combien n'osent pas l'utiliser de peur de déranger et combien l'ont déjà utilisé et n'ont pas obtenu l'aide espérée? Nous, on a décidé d'en faire notre allié et bien qu'on éprouvait un certain malaise au début, celui-ci s'est vite estompé.

Finalement, après que papa eut passé une trentaine d'heures dans des conditions difficiles à imaginer et avec une médication inadéquate, nous avons réussi à le faire admettre aux soins palliatifs en travaillant d'arrache-pied, mais par chance, avec l'aide précieuse de tante Maryse et d'oncle Léo.

Malgré tout ce qu'a pu subir papa, il fut entouré de gens aimants, mais, malheureusement, tous n'ont pas cette chance. Combien de gens sont seuls et ont, en plus, de la difficulté à s'affirmer, à parler, et sont facilement intimidés?

Aujourd'hui plus que jamais, nous croyons qu'il est de notre devoir d'accompagner nos proches, nos amis, chez le médecin ou à l'hôpital et ce, en tout temps, à tout moment. Aidons-les à se préparer une liste de questions. Soyons leurs porte-parole et rappelons-nous que dans les moments les plus difficiles, l'union fait la force.

Aussi, sans prétention, nous vous soumettons quelques conseils qui pourraient vous être utiles, mais il est à souhaiter que vous n'ayez jamais à vous en servir.

- Appeler le 811 afin de connaître l'opinion d'une infirmière neutre;

- Contactez votre CLSC;

- Contactez le groupe de soutien;

- Contactez un autre hôpital (merci à l'unité des soins palliatifs de l'hôpital de Magog qui était prête à accueillir papa, mais étant donné son état, il était impossible de le transférer);

- Si vous sentez que vous n'êtes pas entendus, que la communication n'est pas bonne, demandez une rencontre avec un membre influent du personnel de soutien;

- Le médecin traitant détient un grand pouvoir et, même s'il est absent, insistez pour lui parler. Si celui-ci semble contrarié, de grâce demeurez courtois, mais allez droit au but;

- Si, après plusieurs interventions clairement verbalisées au chef du personnel de soutien, rien ne semble y faire, signifiez votre mécontentement en mentionnant que vous vous adresserez au Commissaire des plaintes;

- En tout dernier recours, verbalisez clairement votre requête et si rien ne bouge, informez l'hôpital de votre intention de prévenir les médias;

- Apprenez à reconnaître les symptômes qui précèdent la mort.

Car, cher papa, et si on avait su que ton hyper agitation était un signe que la fin approchait, tu serais parti un peu plus tôt pour l'hôpital. Ainsi, on aurait pu profiter de ta lucidité et jamais tu n'aurais été autant bécoté, cajolé et aimé.

Josée, Maryse et Monique Therrien, Sherbrooke




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