Pas une option

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«Je n'accepte pas que pour un convoi de wagons «sans freins» avec les «locomotives toutes arrêtées», il n'y ait eu aucun signal, aucune alarme, aucun girophare, qui ne se soient activés», écrit l'auteur. 

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le maintien du statu quo parmi les deux options pour le tracé ferroviaire à Lac-Mégantic est à la fois surprenant et en contradiction avec les observations de la Direction de la santé publique de l'Estrie selon lesquelles la construction d'une voie de contournement fait partie du processus de «guérison» des traumatismes de la population.

En fait, le scénario du statu quo apparaît inacceptable à la suite de la tragédie de juillet 2013 qui avait fait 47 morts et détruit une bonne partie du centre-ville.

Le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), déposé lundi, présente une donnée étonnante puisque 65 pour cent des personnes ayant présenté un mémoire lors des audiences tenues en mai à Lac-Mégantic préfèrent le maintien du tracé actuel à une nouvelle voie ferrée qui contournerait le centre-ville.

Ce sont les participants de Frontenac qui se sont dit très majoritairement pour le statu quo, contrairement à ceux de Lac-Mégantic qui, selon le BAPE, seraient «plutôt divisés».

Selon le BAPE, l'option d'une voie de contournement à partir de l'ouest de Frontenac «se démarque avantageusement» sur la base de considérations techniques, environnementales, d'aménagement et des coûts.

En revanche, l'organisme estime que le statu quo, écarté dès le départ par la Ville de Lac-Mégantic, n'a pas été étudié avec suffisamment de sérieux et s'est trouvé exclu «d'un réel débat public».

Ce qui est fort étonnant.

Le maire suppléant de Lac-Mégantic, Pierre Mercier, se défend en se disant, peut-être avec raison, «qu'on était persuadé que tout le monde était avec nous». Il semble bien que non.

Les choses auraient probablement été plus claires si Lac-Mégantic, Nantes et Frontenac avaient présenté les avantages et les inconvénients du statu quo, notamment les risques reliés au transport de matières dangereuses sur une voie ferrée caractérisée par une courbe très prononcée, en plein centre-ville.

Les commissaires demandent que les municipalités fournissent des explications et une documentation «rigoureuse» sur cette option pour permettre aux citoyens «une pleine compréhension des enjeux reliés au maintien de la voie ferrée au centre-ville». Une façon de leur dire, peut-être, d'en mieux connaître les risques.

On ne doit pas «pelleter» le problème de Lac-Mégantic dans les municipalités voisines; de plus il est normal que les citoyens aient des craintes pour leur sécurité et leur environnement, mais une meilleure compréhension des enjeux est nécessaire.

A-t-on comparé, par exemple, le degré de risque relié à une voie ferrée en zone rurale ou semi-rurale et en pleine ville?

Les séquelles de la tragédie sont encore très présentes au sein de la population méganticoise.

La troisième enquête de santé de la population de Lac-Mégantic de la Chaire de recherche sur les événements traumatiques de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et la Direction de la santé publique de l'Estrie, dévoilée en janvier dernier, démontrait une augmentation des troubles mentaux diagnostiqués (anxiété et troubles de l'humeur) chez les personnes fortement exposées à la tragédie et une augmentation de la consommation d'anxiolytiques.

De plus, une série d'entrevues menées à l'hiver 2017 auprès de 85 résidents de Lac-Mégantic a démontré que les citoyens de cette ville ne veulent pas du statu quo, indique la chercheuse Danielle Maltais.

«Les différentes études démontrent que les gens sont vraiment inquiets; c'est sûr que les gens de Lac-Mégantic n'en veulent plus (de la voie ferrée au centre-ville)», dit-elle.

La Tribune a maintes fois pris position pour la construction d'une voie de contournement compte tenu de l'impact de l'horrible tragédie de juillet 2013.

Les municipalités et le ministre du Développement durable, David Heurtel, ont maintenant la responsabilité de permettre à la population d'y voir plus clair et de trouver rapidement une solution à une situation qui ne peut plus durer. Peut-on risquer une nouvelle tragédie?




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