La fin de la récréation?

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La récente hausse d'un quart de point du taux directeur de la Banque du Canada, la première depuis 2010, annonce peut-être le début de la fin des bas taux d'intérêt au pays et envoie un signal aux ménages canadiens et québécois déjà fortement endettés.

Et particulièrement aux jeunes ménages de 2017 qui n'ont pas connu les taux d'intérêt élevés des années 80, qui avaient frôlé les 20 pour cent, et du début des années 90.

Après des années de taux très bas, une mesure destinée à stimuler l'économie à la suite de la crise financière de 2008-2009 et de la chute des prix du pétrole, la Banque du Canada a appuyé sa décision de relever son taux cible sur le renforcement de l'économie mondiale et la robustesse de l'économie canadienne.

La croissance des différents secteurs d'activités au Canada, les dépenses de consommation et la progression anticipée de l'emploi et des salaires constituent en soi une bonne nouvelle pour tous.

Toutefois, les consommateurs ont intérêt à être prudents.

Car, s'il est vrai que la hausse de 0,25 pour cent, qui porte le taux directeur à 0,75 pour cent, aura un impact somme toute marginal sur les coûts des hypothèques à taux variables, les marges de crédit hypothécaire et les prêts aux taux préférentiels des banques, il s'agit peut-être d'un coup de semonce alors que d'autres augmentations pourraient suivre d'ici 12, 18 ou 24 prochains mois.

« Le signal que cela lance est que c'est le début d'un resserrement des taux d'intérêt et que cela va peut-être se poursuivre », analyse David Dupuis, professeur au département d'économique de l'Université de Sherbrooke.

« La période des faibles taux d'intérêt n'est peut-être pas terminée, mais la tendance s'inverse », ajoute-t-il.

Ce dernier signale toutefois que le faible taux de chômage au Québec, qui était de six pour cent en mai, la croissance de l'emploi et l'augmentation prévue des revenus « devraient contenir le taux d'endettement » des ménages.

Même son de cloche du côté de l'ACEF-Estrie qui juge que les consommateurs qui ont une certaine marge de manoeuvre n'auront pas de problèmes, mais qui rappelle que les bas taux d'intérêt des dernières années ont incité les ménages à s'endetter, notamment pour l'achat de maisons, et que certains ont un budget déjà serré.

Toutefois, la hausse du taux directeur intervient au moment où l'endettement des Canadiens atteint des niveaux records, selon Statistique Canada.

En mars dernier, l'organisme avait révélé que la dette totale des ménages (crédit à la consommation, prêts hypothécaires et autres prêts) au quatrième trimestre de 2016 atteignait 167,3 pour cent de leur revenu disponible, en légère hausse par rapport au trimestre précédent.

Cela signifie que pour chaque dollar gagné, le Canadien moyen devait 1,67 $.

Mais la situation peut varier d'une région à l'autre du pays, notamment en raison du coût des propriétés qui est plus élevé en Colombie-Britannique, en Alberta et à Toronto.

Au cours des dernières années la faiblesse des taux d'intérêt a permis aux ménages d'économiser sur le financement de leurs emprunts, mais de nouvelles hausses des taux pourraient changer la donne à l'avenir, notamment pour les prêts auto, les marges de crédit et les hypothèques à taux variables.

Tout cela invite à la prudence.




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