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Éditorial / Bien des Québécois sont indifférents à la monarchie britannique et... (THE CANADIAN PRESS)

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Denis Dufresne
La Tribune

Éditorial / Bien des Québécois sont indifférents à la monarchie britannique et à ses symboles, mais il faut reconnaître que la nomination de l'astronaute Julie Payette au poste de gouverneure générale du Canada a une grande valeur de symbole pour les jeunes et la communauté scientifique.

En annonçant la nouvelle, hier, le premier ministre Justin Trudeau a fait valoir les «capacités extraordinaires» de cette Québécoise de 53 ans, ingénieure en électrique et en informatique, deuxième Canadienne à voyager dans l'espace et première à avoir travaillé dans la Station orbitale internationale.

Bien des Canadiens y verront aussi, avec raison, un symbole de réussite et de service envers le pays.

De plus, pour les jeunes Julie Payette incarne un modèle, un exemple de simplicité et de détermination.

Cette nomination a même eu des échos chez le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, qui a rappelé sur Radio-Canada que Mme Payette accorde la priorité à l'éducation et pourrait être une alliée pour essayer de convaincre le gouvernement fédéral d'investir davantage en recherche et innovation.

La nomination de la 29e gouverneure générale depuis la Confédération respecte la tradition d'alternance entre francophones et anglophones, en place depuis le milieu du 20e siècle.

Mme Payette succède à David Johnston, dont le mandat avait été prolongé de deux ans par l'ancien premier ministre Stephen Harper.

M. Johnston, dont le mandat prend fin en septembre, avait dû s'excuser en juin dernier pour avoir qualifié les autochtones d'immigrants lors d'une entrevue, ce qui lui avait valu un lot de critiques et l'avait incité à présenter des excuses, deux fois plutôt qu'une.

Bien que la nomination de Mme Payette soit reçue avec une quasi-unanimité aux pays, elle risque toutefois de décevoir les autochtones qui espéraient voir un des leurs devenir gouverneur général pour la première fois de l'histoire.

Aux yeux de plusieurs cela représente une occasion ratée pour Ottawa de souligner l'apport des Premières nations à l'histoire du pays et au Canada d'aujourd'hui, voire de poser un geste concret de réconciliation.

D'autant plus que depuis leur arrivée au pouvoir, en 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont mis sur pied une enquête très attendue sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et ont adopté la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Chaque nomination d'un nouveau titulaire au poste de gouverneur général ramène immanquablement la controverse sur la pertinence de cette fonction très protocolaire, symbole de la monarchie britannique, et les coûts que cela représente.

Mais les institutions ont la vie dure.

Parmi ses responsabilités, la gouverneure générale représente le Canada lors de visites d'État à l'étranger, reçoit les chefs d'État et les membres de la famille royale à Rideau Hall, en plus de décerner les distinctions honorifiques et les récompenses.

Selon la Ligue monarchique, la monarchie représentait un coût annuel de 56,8 millions $ pour les Canadiens en 2011-2012, pour les institutions et les personnes qui représentent le pouvoir de la reine au Canada, soit la gouverneure générale et les lieutenants-gouverneurs dans chacune des provinces.

Quoi qu'il en soit, Julie Payette représente sans doute le meilleur choix que pouvait faire Justin Trudeau, compte tenu de son parcours impressionnant et reconnu de tous.

Il reste à voir quelle couleur donnera la nouvelle gouverneure générale à ses fonctions de représentante du Canada.




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