Fête du Canada : sans fierté ni enthousiasme

Dans une lettre ouverte parue dans La Tribune à l'occasion de la fête du Canada... (La Presse, Robert Skinner)

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La Presse, Robert Skinner

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La Tribune

Dans une lettre ouverte parue dans La Tribune à l'occasion de la fête du Canada («Fête du Canada: avec fierté et enthousiasme», La Tribune, 30 juin), le député libéral de Sherbrooke, Luc Fortin, nous fait part de sa fierté et de son enthousiasme d'être Canadien.

Il affirme que « Depuis 150 ans, le Canada est (...) une référence à travers le monde en regard de principes qui font l'envie de tous les peuples : ouverture, inclusion et tolérance ». Considérant que les 150 dernières années ont été marquées par la pendaison de Louis Riel, l'interdiction de l'enseignement en français en Ontario pendant des décennies, des emprisonnements arbitraires de Japonnais pendant la Seconde Guerre mondiale et de militants indépendantistes pendant la crise d'octobre, des pensionnats autochtones aux visées assimilatrices, pour ne nommer que ces exemples, force est d'admettre que cette affirmation est fausse.

Pour ce qui est de la contribution d'Alexander Galt à la Confédération, si elle peut être saluée, elle ne doit pas faire oublier que la présence d'Anglo-Québécois parmi les Pères de la Confédération n'était pas contre-balancée par celle de Franco-Canadiens des autres provinces, de sorte qu'encore aujourd'hui les Franco-Ontariens sont privés de droits constitutionnels dont jouissent les Anglo-Québécois devant les tribunaux et à l'Assemblée législative.

Il ne s'agit pas de noircir l'histoire du Canada, mais de rappeler que ce n'est pas le rôle d'un député québécois de parler seulement de ses parts de lumière. Si le Canada est parfait, alors pourquoi son gouvernement veut-il changer sa Constitution? Pour être crédible à cet égard, tout député québécois devrait critiquer avec justesse le Canada, son histoire et ses torts actuels, qu'on pense à son exploitation des sables bitumineux nuisible à l'environnement et, en contribuant à la force du dollar canadien, à l'économie du Québec et de ses régions exportatrices, dont l'Estrie. Bref, le député de Sherbrooke devrait défendre le Québec et l'Estrie plutôt que de chanter les louanges du Canada.

Guillaume Rousseau, Professeur à la faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, militant du Parti québécois




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