De dures leçons à tirer

ÉDITORIAL / On ne peut refaire le passé, mais on peut essayer de prévoir... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / On ne peut refaire le passé, mais on peut essayer de prévoir l'avenir dans la mesure du possible.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS affirme que le personnel était en nombre suffisant et que ses procédés étaient conformes aux règles établies lors du décès tragique d'un résident au pavillon Argyll, en octobre 2016, à la suite d'une altercation avec un autre usager.

Elle a néanmoins émis 23 recommandations pour assurer la sécurité des patients et éviter que se produise un nouvel incident du genre.

Lors d'une conférence de presse, hier, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a présenté les mesures qui ont été mises en place, mais a été très prudent dans ses commentaires, refusant même d'utiliser le terme « altercation », lui préférant « événement tragique ».

Il est difficile de savoir ce qui s'est réellement passé durant cette soirée d'octobre 2016 : le CIUSSS de l'Estrie-CIUSSS refuse de dire si le présumé agresseur était connu pour avoir des problèmes de comportement ou de confirmer si l'altercation s'est bel et bien produite dans la chambre de la victime.

Idem lorsqu'on lui demande si la famille de la victime, un homme de 74 ans, a intenté des poursuites contre l'établissement.

Bref, la population devra patienter jusqu'au dépôt du rapport du coroner, dont la date n'est pas encore connue.

En plus de secouer les proches de la victime et le personnel du pavillon Argyll, cet événement avait soulevé la controverse puisque la mort suspecte avait été rapportée à la police 12 heures après les faits.

Il n'y a pas de risque zéro dans un centre d'hébergement comme dans tout autre endroit public.

D'autant plus que l'unité où s'est produit le drame abrite des individus qui souffrent de la maladie d'Alzheimer ou de démence et qui peuvent poser des gestes dont ils ne peuvent pas nécessairement être tenus responsables.

Malgré un encadrement médical et un aménagement physique qui dépassent les normes d'un établissement gériatrique, le pire s'est produit au pavillon Argyll.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS affirme avoir tiré des leçons de ce triste événement et indique que son plan d'action pourrait être bonifié à la lumière des recommandations du coroner dans ce dossier.

Ce plan comporte notamment sur une « grille quotidienne de collecte de données » sur le comportement des usagers, l'amélioration des procédures d'alerte et de nouveaux aménagements physiques, dont des caméras de surveillance 360 degrés dans les aires communes.

Malheureusement, les problèmes d'agressivité et d'altercation ne sont pas nouveaux dans les CHSLD de la province.

Le Protecteur du citoyen souligne depuis plusieurs années que des résidents en CHSLD éprouvent un sentiment d'insécurité quotidien en raison d'usagers au comportement agressif ou violent.

Il note également que « certains établissements considèrent d'ailleurs comme inévitables les altercations entre résidents et les banalisent ».

Le but ici n'est pas de faire un parallèle avec ce qui s'est produit à Argyll, mais de souligner que le problème existe et qu'il doit être traité de manière sérieuse et globale.

Les CHSLD sont publics et la population a le droit de savoir ce qui s'y passe et d'être rassurée.

Un établissement de soins longue durée a la responsabilité de protéger ses usagers et d'assurer une surveillance en fonction du niveau de risque que peuvent représenter certains résidents.

Mais dans le contexte des compressions budgétaires des dernières années, où le personnel dit être à bout de souffle et avoir de la difficulté à suffire à la tâche, les ressources sont-elles suffisantes?




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