Le jour et la nuit

Barack Obama... (La Presse, André Pichette)

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Barack Obama

La Presse, André Pichette

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Barack Obama est l'antithèse de Donald Trump et les Canadiens en ont eu un nouvel exemple lors de son discours de mardi soir à Montréal, où il a présenté une vision optimiste et progressiste du monde, à mille lieues des « tweets » intempestifs, agressifs et souvent dénués d'intelligence de son successeur à la Maison-Blanche.

Celui que Stewart M. Patrick, du groupe de réflexion indépendant Council on Foreign Relations, a déjà qualifié d' «homme raisonnable vivant dans des temps déraisonnables» («a reasonable man living in unreasonable times»), a repris plusieurs thèmes de sa dernière allocution en tant que président des États-Unis devant l'assemblée générale des Nations unies, en septembre dernier.

Son message s'adressait certes aux Montréalais et aux Canadiens, mais également au reste du monde.

M. Obama a d'ailleurs salué les programmes sociaux canadiens, ajoutant que des progrès restent à faire aux États-Unis... Quand on se compare, on se console.

Sans jamais prononcer le nom de son successeur, Barack Obama y a fait directement allusion en déplorant notamment l'isolationnisme, la manipulation de l'information et l'absence « temporaire » de leadership des États-Unis,

Au-delà de sa personnalité attachante, humble et généreuse, M. Obama a insufflé une bonne dose d'espoir à tous ceux et celles qui en ont marre du cynisme ambiant, des raccourcis intellectuels et des idéologies réactionnaires, avec sa conviction que l'humanité peut surmonter ses difficultés actuelles, qu'il s'agisse de la crise environnementale, de la croissance des inégalités, du terrorisme ou de la montée de l'extrême droite.

Sans offrir de solutions concrètes, ses propositions pour un meilleur accès à l'éducation, à la sécurité sociale et pour un développement « éclairé » ont au moins le mérite de se distinguer de celles des Trump, Le Pen, Poutine et compagnie, qui prônent le repli sur soi, pour ne pas dire la xénophobie, cultivent la peur et ont une vision sombre et clivante du monde.

Le jour et la nuit.

Certes, M. Obama n'est plus président des États-Unis et on peut lui reprocher de ne pas avoir fait suffisamment pour ramener un début de justice sociale dans son pays, de ne pas avoir agi de façon décisive pour le contrôle des armes à feu aux États-Unis ou encore d'avoir reculé devant le régime de Bachar el-Assad, en Syrie, qu'il avait accusé d'avoir franchi « la ligne rouge » à la suite d'attaques chimiques contre la population.

Sur le plan national, toutefois, aurait-il pu en faire davantage devant le blocage quasi systématique des républicains, comme on l'a vu avec le projet de réforme de l'assurance maladie, l'Obamacare, aujourd'hui sur la voie de l'abrogation?

Lorsque Barack Obama, l'ex-président et conférencier, affirme qu'on ne peut laisser un ou deux milliards de personnes dans le désespoir en raison des conflits, de la pauvreté endémique ou des catastrophes environnementales, et lorsqu'il nous prévient que « tout le système va s'effondrer si nous ne faisons rien », on peut faire la sourde oreille ou se dire que tout cela est bien théorique.

Il n'empêche que cela devrait être la feuille de route de tous les dirigeants de la planète pour les prochaines années.

Barack Obama a une vision idéaliste du monde : celui d'une humanité qui évolue vers un minimum de valeurs communes, d'une mondialisation irréversible, mais plus humaine, et d'un développement « intelligent » des pays pauvres de la planète.

Mais si cela peut motiver les jeunes à lutter contre le défaitisme ambiant, les inégalités et un modèle économique qui détruit l'environnement, pourquoi pas?




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