Il faut une entente négociée

ÉDITORIAL / Si le Québec n'a pas les moyens de subir une saignée de 45 millions... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Si le Québec n'a pas les moyens de subir une saignée de 45 millions $ par jour en raison de la grève dans le secteur de la construction, en cours depuis mercredi, le gouvernement Couillard doit en revanche tout faire pour favoriser une entente négociée entre les parties syndicale et patronale, quitte à nommer un médiateur spécial, comme le suggère le Parti québécois.

Cet arrêt de travail, qui touche quelque 175 000 travailleurs de la construction, est le deuxième depuis 2013, époque où le gouvernement Marois s'était résolu à imposer une loi spéciale après deux semaines de grève des 77 000 travailleurs des secteurs institutionnel, commercial et industriel.

Les deux parties devaient certes reprendre les pourparlers hier, avec de nouveaux conciliateurs, à la demande de la ministre du Travail, Dominique Vien, qui croit qu'une entente négociée est toujours possible.

Mais le gouvernement Couillard agite la menace d'une loi spéciale dès lundi s'il n'y a pas d'entente sur les points en litige : les salaires, les horaires de travail, les heures supplémentaires, la mobilité de la main-d'oeuvre et, signe des temps, la conciliation travail-famille.

Une convention collective imposée par la loi serait désavantageuse, et probablement pour les deux parties qui se verraient dicter les conditions d'un retour au travail.

Il est toutefois un peu surprenant et décevant que maintenant comme il y a quatre ans, les syndiqués et les représentants de l'industrie ne soient pas parvenus à s'entendre malgré plusieurs rencontres de négociations, depuis octobre dernier, et des enjeux qui sont sensiblement les mêmes d'une convention collective à l'autre.

L'impact de la grève, si elle se prolonge, serait évidemment énorme pour l'économie de la province avec la paralysie des chantiers, entraînant des pertes financières importantes pour les entrepreneurs et les travailleurs, sans compter celles des fournisseurs et même des quincailliers.

Les travailleurs, dont les conventions collectives sont échues depuis le 30 avril, ont organisé jeudi des marches de solidarité dans plusieurs villes de la province, dont Sherbrooke, en plus de s'assurer que les chantiers soient déserts.

Mais cette grève n'a pas la sympathie du public qui voit les grands chantiers routiers arrêtés et entend les inquiétudes des propriétaires qui craignent à juste titre de ne pouvoir emménager dans leur nouvelle maison au début de juillet, sans compter les nombreux projets institutionnels et industriels qui sont stoppés.

Toutefois, ce débrayage est légal et les syndiqués ont le droit de revendiquer des améliorations à leurs conditions de travail.

En outre, ces hommes et ces femmes sont des gens comme tout le monde, de sorte qu'en 2017 il est normal de les entendre demander la conciliation travail-famille ou d'avoir des réserves sur la mobilité de la main-d'oeuvre.

Comme dans de nombreux autres secteurs d'activités, les employeurs leur demandent davantage de flexibilité, mais cela doit se discuter aux tables de négociations.

Les métiers dans la construction sont durs physiquement et les travailleurs québécois de cette industrie sont reconnus pour la qualité de leur travail, été comme hiver; tous souhaitent reprendre leur boulot le plus rapidement possible et avoir la paix sur les chantiers.

Tous reconnaissent qu'une grève dans la construction ne peut s'éterniser étant donné que ce secteur représente 12 pour cent du PIB québécois et un emploi (direct et indirect) sur 20.

Pour l'heure, tout n'est pas perdu.

Mais les prochains jours seront cruciaux pour que les syndicats et les représentants patronaux parviennent à une entente négociée; ils ont une obligation de résultat.




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