La grande dame de l'histoire

Andrée Désilets nous a quittés, à 89 ans. La grande dame de l'histoire n'est... (Infographie, Le Soleil)

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La Tribune

Andrée Désilets nous a quittés, à 89 ans. La grande dame de l'histoire n'est plus. Depuis quelques années, on ne l'entendait plus. (...) Mais quelle oeuvre immense elle laisse derrière elle, elle qui a été si attachée à l'histoire de Sherbrooke qu'elle en est devenue comme la personnification vivante!

Nous ne pouvons retracer ici tout son parcours. Quelques étapes, seulement. Elle est née à Sherbrooke (...). Elle entre chez les soeurs de la congrégation de Notre-Dame et complète à l'Université Bishop's un mémoire de maîtrise sur « Le nationalisme chez Honoré Mercier ». Elle sera dès lors religieuse enseignante dans des collèges de Montréal et au Cégep de la Gaspésie, région à laquelle elle resta toujours attachée. En même temps, elle poursuit à l'Université Laval des études supérieures avec Jean Hamelin, un maître qui la marque profondément, notamment en l'orientant vers la biographie historique. C'est ainsi qu'elle produit une thèse de licence sur un de ses ancêtres, François-Xavier Lemieux (1964), puis un doctorat sur un père de la Confédération canadienne, Hector-Louis Langevin (1967). Elle écrit par la suite un nombre impressionnant de biographies pour le Dictionnaire biographique du Canada (...).

Quittant la vie religieuse, elle est engagée comme professeure au département d'histoire de l'Université de Sherbrooke en 1970, en même temps que Micheline Dumont et Bernard Chaput. Elle y demeure pendant 20 ans et devient l'une des premières directrices de département de l'université.

Elle est très active au comité de rédaction de la principale revue d'histoire scientifique au Québec, la Revue d'histoire de l'Amérique française, qu'elle dirige de 1982 à 1985. Ensuite, de 1985 à 1989, elle devient présidente de l'Institut d'histoire de l'Amérique française, le principal regroupement des historiens du Québec et du Canada français.

Seule professeure du département d'histoire originaire de Sherbrooke, elle a à coeur de renouveler les études en histoire régionale. Mais c'est surtout son action en faveur de la Société d'histoire de Sherbrooke que les Sherbrookois retiennent et reconnaissent. Elle en est la présidente de 1981 à 1992.

N'essayons pas d'énumérer ici les publications d'Andrée Désilets sur sa ville : la liste est trop longue. (...). Enfin, couronnement de toute cette oeuvre, un bel album, magnifiquement illustré : Sherbrooke, 1802-2002 : deux siècles d'histoire, publié d'abord en 1998 et repris en 2001 pour le bicentenaire de la Ville.

Sa mémoire reste ainsi vivante parmi nous. On est heureux de rendre hommage à cette femme pionnière, visionnaire et passionnément attachée à l'histoire et à sa région.

Guy Laperrière, Professeur d'histoire retraité, Université de Sherbrooke




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