Douche froide

Éditorial / Même si le premier ministre Philippe Couillard a passé une bonne... (THE CANADIAN PRESS)

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THE CANADIAN PRESS

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Denis Dufresne
La Tribune

Éditorial / Même si le premier ministre Philippe Couillard a passé une bonne partie de la semaine dernière les deux pieds dans l'eau avec les sinistrés des inondations, cela n'a visiblement pas fait oublier les questions d'intégrité qui viennent hanter régulièrement son gouvernement.

Du moins si on se fie aux résultats d'un sondage de la firme Mainstreet effectué pour le quotidien The Gazette, publié mercredi.

Celui-ci démontre un net recul du Parti libéral du Québec (PLQ), avec 31 pour cent d'appuis, maintenant devancé par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui récolte 32 pour cent des intentions de vote, tandis que le Parti québécois (PQ) glisse en troisième position, avec 24 pour cent d'électeurs, et que Québec solidaire (QS) obtient 14 pour cent.

À la suite du budget provincial, fin mars, Mainstreet accordait 39 pour cent d'appuis au PLQ, 26 pour cent au PQ, 23 pour cent à la CAQ et 11 pour cent à QS.

Il s'agit d'une chute de huit points pour le PLQ et d'un gain de neuf points pour la CAQ.

La CAQ, qui devance largement le PLQ et le PQ dans la région de Québec, fait même des gains à Montréal où elle est à égalité avec les libéraux, selon le sondage.

Il y a longtemps que l'on a vu la CAQ devancer le PLQ, même légèrement.

François Legault, parviendra-t-il à profiter de cette embellie printanière et à mettre de l'avant des propositions originales en vue du scrutin de l'automne 2018, alors que le déficit zéro est atteint et que l'économie québécoise prend nettement du mieux, deux chevaux de bataille de la CAQ?

On dit qu'une hirondelle ne fait pas le printemps.

Mais les libéraux provinciaux commencent-ils à payer un prix politique pour les nombreuses allégations au sujet de leurs manquements à l'éthique concernant le financement de leur parti et leur difficulté à se distancier de l'ère Charest depuis la commission Charbonneau?

La pression semble d'ailleurs monter au PLQ avec la cascade de mauvaises nouvelles, notamment celles provenant du bureau d'enquête de Québecor média, au point où le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, et le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, estiment que leur parti est victime d'acharnement de la part de certains journalistes, alors que ceux-ci ne font que leur travail.

Le premier ministre Couillard et son ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ont été très présents sur le terrain lors des inondations pour appuyer et rassurer les sinistrés, ce qui a été apprécié des Québécois. Mais cela ne leur a visiblement pas profité dans les intentions de vote.

Le sondage Mainstreet est aussi très décevant pour le PQ, même si son chef, Jean-François Lisée, dit demeurer « assez zen ».

Il est certes trop tôt pour savoir si l'avancée de la CAQ se traduira par des résultats à l'automne 2018, mais ce parti aura beau jeu de se présenter comme celui du changement devant un PLQ au pouvoir de façon quasi ininterrompue depuis 2003.

La situation est moins évidente pour le PQ, visiblement incapable de tirer profit des controverses à répétition qui entourent les libéraux, en plus d'avoir de la difficulté à projeter une image de renouveau, à se rapprocher des jeunes et à convaincre de la pertinence de son projet d'indépendance.

Pas étonnant, dans ce contexte, que le PQ veuille négocier avec Québec solidaire des « pactes de non-agression » dans un certain nombre de comtés pour ne pas diviser le vote des électeurs progressistes et des indépendantistes.

Un sondage n'est qu'un instantané de l'humeur des électeurs et n'annonce pas nécessairement de profonds changements, mais les résultats publiés par The Gazette n'ont rien de rassurant pour le PLQ et le PQ.




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