Démocratie en danger

Donald Trump... (The New York Times)

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Donald Trump

The New York Times

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Plus les jours passent et plus l'administration Trump s'empêtre sur les circonstances et les motifs du congédiement du directeur du FBI, James Comey, et plus sa crédibilité en prend un coup, tout comme la qualité de la vie démocratique américaine.

Depuis son élection, Donald Trump a affiché un mépris des grandes institutions, tout comme de ses adversaires, et démontré une immaturité politique affligeante, mais ce qui est désormais « l'affaire » Comey ressemble de plus en plus à un sommet de démagogie et de manipulation de la vérité.

Un président a certes le droit de relever de ses fonctions un directeur du FBI, mais les raisons doivent être claires et appuyées sur des faits, ce qui n'est pas le cas ici.

Depuis le congédiement de M. Comey, mardi, officiellement pour sa mauvaise gestion de l'enquête sur l'utilisation par Hillary Clinton d'un serveur privé pour ses courriels lorsqu'elle était secrétaire d'État, chaque jour, pour ne pas dire chaque heure, apporte de nouvelles informations contradictoires qui secouent tout Washington.

Il y a quelques mois à peine, le président Trump avait pourtant louangé l'ex-directeur du FBI, qui avait très maladroitement commenté publiquement l'enquête en cours sur Mme Clinton, lors de la campagne à la présidence, et peut-être indirectement contribué à son élection.

Aujourd'hui, tout indique que M. Comey a été congédié parce qu'il enquêtait sur une présumée ingérence de la Russie dans la campagne électorale américaine et de possibles liens entre des proches de M. Trump et des responsables russes en vue de disqualifier sa rivale démocrate, Hillary Clinton.

Cette décision a été basée sur une recommandation du département de la Justice, bien que le président a affirmé par la suite qu'il aurait limogé M. Comey de toute manière, le qualifiant même, hier sur le réseau NBC, de « baratineur » et de « fanfaron ».

Il n'est donc pas étonnant que les démocrates et certains républicains accusent Donald Trump de s'être débarrassé d'un enquêteur qui voulait aller au fond des choses et possiblement démontrer qu'il avait mal agit.

L'affaire est tellement grosse qu'elle en est loufoque.

En voulant faire croire aux Américains que M. Comey a été mis à la porte parce qu'il ne faisait pas un bon travail et qu'il avait perdu la confiance de ses employés, il était évident que l'on soupçonnerait Donald Trump de vouloir sa tête parce qu'il enquêtait sur la Russie ce qui, à la limite, équivaut à faire obstruction à la justice.

Même le directeur intérimaire du FBI, Andrew McCabe, a contredit hier la Maison-Blanche en soutenant que James Comey avait encore l'appui du personnel du FBI.

Il a aussi affirmé que l'enquête sur la Russie revêtait une haute importance, désavouant ainsi la porte-parole du gouvernement américain, Sarah Huckabee Sanders, qui avait dit mercredi qu'il s'agissait d'un dossier de peu d'importance pour l'agence.

Et comme pour ajouter au comique, ou au tragique de la situation, c'est selon, le Kremlin a publié hier des photos de la rencontre à huis clos à Washington entre le président Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, où les deux sont tout sourire, au grand dam de la Maison-Blanche... Disons qu'en pleine controverse politique, le moment était mal choisi!

Ce n'est sans doute pas demain la veille que M. Trump sera destitué, mais en à peine 110 jours de règne, ce président irréfléchi et manipulateur a déjà causé passablement d'entorses à la démocratie et a entaché la réputation de l'administration américaine.

« Wake Up America! », comme le scandaient mercredi des manifestants réclamant une enquête indépendante dans l'affaire russe.




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