Descendre dans la rue

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Point de vue
La Tribune

Depuis toute jeune, je siège à différents titres au sein de conseils d'administration et de jurys, au sein de comités d'école ou de travail.  D'aussi loin que je me souvienne, j'ai beaucoup appris sur la dynamique de groupe, sur le respect des idées, les lobbies, les règles de gouvernance et de confidentialité, sur les dangers de l'ingérence, les devoirs et les responsabilités des administrateurs, l'éthique, les conflits d'intérêts.

(...) En culture et dans les milieux communautaires, la responsabilité d'un bon administrateur ressemble à une profession de foi, à une affaire de partage et d'entraide, à une participation citoyenne qui va bien au-delà du plaisir de se faire et de faire du bien.

Peu importe l'organisme à soutenir, l'enjeu à défendre, le défi à réaliser, nombreuses sont les rencontres dans ces milieux pour lesquelles nous assumons le coût du petit déjeuner, nombreuses aussi les fins de journée à compléter pour un tiers un dossier et nombreuses, enfin, les réunions au cours desquelles nous payons les frais de déplacement, de stationnement, de contravention...

Même si parfois nous acceptons le café en matinée, le goûter sur l'heure du dîner, le remboursement du jeton de présence, il n'y a pas de commune mesure entre le dévouement des administrateurs dans des organismes sans but lucratif et l'intérêt des administrateurs de sociétés d'État ou de multinationales que nous enrichissons avec nos taxes et qui engrangent des millions pour leur bon profit.

Le refus de Pierre Beaudoin, président exécutif du conseil d'administration de Bombardier, de toucher une augmentation de salaire de deux millions (2016), et le report des hausses de salaire aux grands dirigeants à la suite « des préoccupations » du premier ministre Philippe Couillard, est louable et sauve peut-être la face.

Mais il n'en demeure pas moins que la situation frise le ridicule pour ces dirigeants qui ont reçu 1,3 milliard $ du gouvernement pour redresser leur entreprise en difficulté. À ce prix-là, pourquoi ne pas récupérer nos billes et vendre ce fleuron national qui semble n'avoir de fleuron que le nom?

Dans la foulée des effets collatéraux d'une trop longue période d'austérité, les gentils Québécois n'ont-ils pas raison de fulminer et de s'opposer à cette hausse des salaires?

Pour ma part, voilà une bonne raison de souligner le travail de tous ces bénévoles qui oeuvrent pour le mieux vivre ensemble. Et vivement une raison de plus de descendre dans la rue le 1er mai prochain pour la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses!

Sylvie L. Bergeron, Sherbrooke




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