Pour un budget québécois structurant

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Le prochain budget Leitão sera le second depuis que le gouvernement a retrouvé l'équilibre budgétaire et l'avant-dernier du mandat de quatre ans. Des voix s'élèvent pour qu'il ouvre la vanne des dépenses. N'allons pas gaspiller l'effort des dernières années. Notre dette nette en proportion du PIB était encore, au 31 mars 2016, la plus élevée des provinces canadiennes. Nous avons cessé de creuser notre trou, mais nous sommes encore loin d'en être sortis. Pour cette raison, il faut mettre en oeuvre la recommandation du Vérificateur général, à l'effet de fixer des objectifs à moyen terme de réduction du poids de la dette. Le Fonds des générations reste un instrument pertinent pour réduire la dette, pourvu qu'il ne soit pas détourné à d'autres fins.

Pour financer les priorités émergentes, le gouvernement doit poursuivre la révision chirurgicale de ses dépenses budgétaires et fiscales. S'il parvient à se dégager une marge de manoeuvre, c'est sur des initiatives structurantes pour l'avenir qu'il devrait la consacrer, notamment pour favoriser la création de richesse.

La meilleure voie de promotion économique et sociale pour un individu, c'est encore un emploi bien rémunéré. Les départs à la retraite s'accélèrent et plusieurs postes deviennent disponibles. Trop nombreux d'entre eux demeurent vacants, à la fois dans les métiers traditionnels et les nouveaux. En même temps, il reste des milliers de chômeurs qui ne possèdent pas les compétences en demande ou qui ne résident pas à proximité des postes vacants. Il y a également des milliers de travailleurs qui ont le potentiel et la volonté d'acquérir de nouvelles compétences pour dénicher de meilleurs emplois que ceux qu'ils occupent. Nous devons redoubler d'efforts et d'imagination pour aider et inciter l'offre de travail à répondre à la demande.

En premier lieu, il faut s'assurer que les règles de financement des établissements d'enseignement, notamment au secondaire professionnel et au collégial technique, puissent permettre la création de petites cohortes et offrent assez de places dans les programmes menant vers les métiers en demande. Aucun candidat qualifié, jeune ou adulte, ne doit être refusé faute de places dans ces programmes!

Il ne s'agit pas toujours d'ajouter de nouveaux budgets. Pour adapter l'offre de formation, le gouvernement pourrait inciter davantage les établissements à réallouer des ressources des programmes moins performants vers ceux dont les finissants obtiennent facilement de bons emplois.

Pour les travailleurs déjà en emploi qui désirent acquérir de nouvelles compétences pour accéder à un meilleur emploi, la formation à temps partiel doit devenir plus accessible dans les disciplines où le déficit de compétences est reconnu.

L'autre façon de permettre aux travailleurs d'améliorer leur sort, c'est de poursuivre les efforts pour rehausser la productivité, ainsi que stimuler l'innovation par nos entreprises. À ce sujet, la FCCQ préconise une mesure fiscale temporaire permettant l'amortissement accéléré des dépenses en capital, visant les catégories de biens les plus déterminants pour la productivité.

L'innovation est une chaine allant de la recherche fondamentale à la commercialisation des résultats de recherche. Il conviendrait aussi de réallouer une partie des budgets substantiels consacrés au soutien à l'innovation vers les maillons de la chaine de l'innovation où le rendement de l'aide publique est le plus important.

Stéphane Forget, président-directeur général

Fédération des chambres de commerce du Québec

Un pansement bien souvent plus petit que la plaie

Le gouvernement Couillard n'hésite pas à se vanter d'avoir sauvé les finances publiques. Ce qu'il ne dit pas, par contre, c'est que les surplus accumulés proviennent en grande partie de ses promesses rompues. Rappelons-nous que lors de la dernière élection, le Parti libéral promettait que les budgets de la santé et de l'éducation seraient augmentés respectivement de 4 % et 3,5 % par année. On est encore loin de cette promesse. C'est plutôt à un rythme de 2,7 % et 2,3 % qu'il a daigné augmenter les ressources accordées aux missions « premières » de l'État. Si la tendance se maintient pour 2017-2018, ce sera près de 3 milliards de dollars de moins qui seront investis dans les services publics (2,1 milliards en santé et 1,1 milliard en éducation).

C'est donc dire que le surplus actuel du gouvernement du Québec provient essentiellement des compressions qu'il a imposées dans les services publics.

Bénéficiant d'une marge de manoeuvre budgétaire importante, et afin de séduire l'électorat, les libéraux vont saupoudrer à gauche et à droite des annonces « d'investissements » dans les services si précieux pour la population. Si la valse des millions semble étourdissante, nous devons nous méfier : le pansement est bien souvent plus petit que la plaie! (...)

Avec une marge de manoeuvre qui devrait dépasser les 2 milliards de dollars, le gouvernement est en mesure de relancer les taux de croissance des budgets près des niveaux que nous connaissions avant l'austérité du fameux Plan de retour à l'équilibre budgétaire de 2009. Pour prétendre faire des « réinvestissements » en santé, en éducation et dans les autres services de l'État, le gouvernement devra autoriser des augmentations dépassant les 5 % (5,8 % en santé et 5,5 % en éducation). Il tiendrait ainsi sa promesse d'ici 2018.

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec




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